Les Confessions de Saint-Augustin
Posté le 20.05.2007 par Vincent
Les Confessions de Saint-Augustin ont été rédigées au IV ème siècle.
Plan du cours: (désolé je n'ai pas les sous parties, la prof ne les as pas clairement mis en évidence!! J'essaie quand même de les trouver^^)
I) Le larcin
II) L'aveu, son récit et la réflexion qu'il suscite
I) Le larcin:
Le thème de ce récit est le vol, indiqué dès la première ligne avec le mot de larcin. Des mots comme "péché" reprenne le larcin. Il y a l'utilisation du mot "vole" à la ligne 8, "qu'on le vole", "j'ai voulu voler" lignes 3, 4 et 6. L'idée du vol est donc récurrente et obsessionnelle. Il y a 9 termes dans le premier paragraphe qui font référence au vol. Pour Saint-Augustin, c'est une action sûrement répréhensible. Ce qui contribue au malheur de Saint-Augustin est qu'il avoue sciemment ce vol commis sans aucune autre explication que de provoquer la justice et défier la loi. Dans le premier paragraphe, le larcin n'est pas clairement mentionné. Pour le lecteur, c'est difficile d'en aprécier la gravité et l'importance. On est tenté d'imaginer un vol beaucoup plus grave qu'un vol de poire. Est-ce une stratégie de la part de l'auteur pour relativiser les choses?
Le vol est raconté au deuxième paragraphe, et il est très bien défini (lieu, temps, nature de l'objet convoité, le déroulement, les caractéristiques du larcin...). C'est le retour à une explication d'un autre ordre.
Le dernier paragraphe reprend l'acte sous forme d'une confession, d'une manifestation du mal et aussi sous l'absence d'un sens moral (il emploie le terme de "malice").
Dans ce texte, on peut distinguer trois approches successives du même acte:
1ère fois: sans aucune précision sur l'acte
2ème fois: avec la mise en situation de l'acte
3ème fois: sur le plan de l'interprétation moral qui souligne le plaisir du mal
Le grandissement hyperbolique tient a plusieurs procédés:
- l'absence de la définition du larcin dans le premier paragraphe= cela confère un oracle mystérieux.
- la référence à la loi divine par l'interpellation "seigneur" ligne 1.
- le choix d'un lexique de la justice avec "loi gravée dans le coeur"
- les termes d'iniquité présents dans les lignes 1 et 2.
- les connotations religieuses des termes "seigneur, pêché, dieu"
- la répétition insistante du mot "vole" confère à l'action évoquée une dimension dramatique.
La notion d'interdit est associé à des termes évoquant le plaisir comme "jouir" ligne 8 et "notre seul plaisir" ligne 15 qui font ressortir une gravité inimaginable pour un simple vole de poire.
II) L'aveu, son récit et la réflexion qu'il suscite:
Dans le premier paragraphe, il y a la prédominance de celui qui parle, écrit au présent et au passé composé. C'est le paragraphe de l'aveu, et plus précisément de l'aveu immédiat. Il y a l'insistance sur la première personne et de ce fait cela fait de celui qui parle un coupable affirmant un acte délicieux, agravé par l'absence d'un motif.
Dans le deuxième paragraphe, il s'agit d'un récit avec toutes les formes du discours narratif (ex: "il y avait": identification du récit dès les premiers mots). On peut noter un changement de temps, de tonalité et de discours.
Nous est indiqués:
- les lieux (ligne 9)
- le moment (ligne 10)
- l'objet/la nature du délit (ligne 10)
- les circonstances aggravantes, c'est-à-dire l'absence des éléments tentant ("la beauté ni la saveur")
A partir de là, l'auteur met la situation qu'il a vécu dans les mains du lecteur: c'est l'attrait des adolescents pour les choses défendues!!! Il juge, il fait des commentaires, il donne des explications. Ce sont des éléments qui viennent du narrateur adulte, avec le décalage du temps comme dans la parenthèse et dans la dernière phrase. Au récit qui remonte dans le temps, qui est fait ultérieurement par l'adulte se mêle des observations à valeur explicative.
Dans le troisième paragraphe, on remarque un reprise de l'interlocuteur premier, Dieu. Il y a un retour au présent, ce qui reprend un peu le premier paragraphe. Il y a une forme d'entracte quand l'auteur relate les choses. A noter aussi le retour au moment de l'écriture. On peut observer un moment privilégié de dialogue avec Dieu dans le cadre de la confession. Saint-Augustin reconnait sa faute tout en dramatisant les choses. Il dévoile à Dieu ce qu'il porte de lui en mauvais (ex: "malice"= quelquechose de mal). Les temps employés sont le présent de la parole et l'imparfait du retour en arrière. Saint-Augustin essaie de dire que l'aveu de la faute est lié à l'émergence d'une foi qui est à l'origine de la prise de conscience du délit:
(Pour mieux vous aidez à comprendre...)
AVEU -> FOI -> PRISE DE CONSCIENCE (au niveau de la morale religieuse).
C'est la reconnaissance d'un goût qu'il avait pour le mal. En effet, on peut percevoir une assimilation au délit du pêché originel. On peut donc dire que, dans le troisième paragraphe, l'aveu apparait sous une forme plus abstraite et "théologique". L'accent est mis sur le goût du mal, on oublie quasiment le vol de la poire. Il y a donc vraiment une évolution moale et religieuse tout au long du texte.
Pour conclure (et il est temps!): Dans ce texte, les interpellations à Dieu soulignent les connotations religieuses du texte. Le nom de l'auteur-narrateur Saint-Augustin nous rappelle que l'on se situe dans le cadre de la croyance chrétienne, et donc de la morale chrétienne. L'idée d'enseignement et de respect dans le mot "loi" (et aussi dans la métaphore "la loi gravée dans le coeur") et dans le mot "pêché" exprime et insiste sur l'idée de FAUTE.
Quant à la relation que Saint-Augustin entretient avec Dieu, elle est tout d'abord perceptible dans l'offrant de coeur, puis dans la reconnaissance de la pitié et du soutient, dans l'apparente facilité de l'aveu qui laise deviner la compréhension de Dieu, sa sollicitiude, dans l'idée du pardon et non du châtiment.
Ce texte a en quelquesorte pour but d'appeler à la confession qui permettra un retour sur soi, c'est-à-dire une INTROSPECTION. Grâce à la générosité de Dieu et de sa bonté, Saint-Augustin lui fait ici part de ses confessions.
AVOUER ET DIEU VOUS PARDONNERA !!!!!!!!!!
(Vous avez bien retenu la leçon?!)
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Jean Jacques Rousseau : les confessions (livre 1)
Posté par
B. le 09.06.2007
Introduction
Jean Jacques Rousseau écrivain du XVIIIe siècle. (Il écrivit son œuvre en partie pour se justifier d’un pamphlet de Voltaire qui répandait des calomnies au sujet de l’auteur.) Ce passage, se situe à la fin du Livre I, alors qu’il est en apprentissage à Genève. Il nous raconte une chasse aux pommes, sur un registre épique et parodique. Il est épique car Rousseau se place dans la peau d'un héros. Par conséquent le texte devient comique voire pathétique: il y a un décalage entre son histoire et Les Hespérides, une certaine disproportion entre la façon dont est raconté le vol et l'objet du vol. Ce passage autobiographique raconte la chasse aux pommes (qui fut un echec) de Rousseau lorsqu'il était en apprentissage chez Mr Ducommun , un graveur tyrannique et violent à Genève. Il analyse la manière dont cette expérience vécue a influencé son caractère.
I. Les Mythes Ou I. L'enfance II. L’épopée II. Le rapport vol/punition
III. La Morale III. L'analyse
I. Les Mythes trois mythes sont présents dans cet extrait. a) Le mythe du jardin des Hespérides Dans la mythologie grecque : Héraclès, demi-dieu, fils de Zeus et d’une simple mortelle, fut soumis à une épreuve en 12 travaux. L’un de ceux-ci consistait à voler des pommes d’or au jardin des Hespérides. Ce jardin est en fait un verger d’orangers situé en Espagne, ce qui explique l’inaccessibilité de ces fruits considérés sacrés, quiconque cueillait les fruits devenait immortel. Héraclès dû se battre contre un dragon, ce qui explique le registre épique de ce texte. On voit le champ lexical du mythe : "jardin des Hespérides" et "dragon". Ce dernier renvoie au maître qui est considéré comme invincible et méchant, ce qui montre une disproportion entre les capacités de Rousseau et la punition qu’il subit. Ce texte a donc un côté burlesque, puisqu’il s’agit d’un sujet somme toute banal traité en épopée et qui en devient par la même risible. (Comparaison de l’enfant Rousseau à Héraclès)
b) Le mythe de l’Éden L’Éden est le paradis terrestre où sont nés Adam et Eve. Dans ce jardin se trouve l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, dont les fruits (les pommes) sont défendus. Cependant, le serpent, qui représente un "modèle réduit" du dragon, puisqu’ils sont symboliquement classés dans la même espèce, les incite à manger la pomme. Punis pour leur faute, Adam et Eve sont renvoyés de l’Éden. La pomme correspond donc à la tentation, qui conduit à la faute. D’autre part, en latin, "pomme" se dit "mala" qui signifie, dans un de ses sens, "maux". Par un jeu de mots, la pomme est donc devenue le symbole chrétien du Mal, qui deviendra plus tard la base de l’expression : "avoir un pépin".
c) Mythe de l’âge d’or et de l’âge de fer Les Grecs et les romains découpaient le temps antérieur en quatre parties. l’âge d’Or, où la terre produisait d’elle-même et où les cultures n’étaient pas nécessaires. l’âge d’Argent l’âge de Bronze
l’âge de Fer, où il faut travailler pour avoir un minimum vital. C’est aussi le temps des guerres. Ces quatre périodes peuvent être appliquées à l’homme, l’âge d’Or représentant l’enfance, et l’âge de Fer l’autonomie. L’extrait est la transition entre ces deux âges symboliques. Rousseau croit qu’il peut se servir lui-même, mais il accomplit en fait de nombreux efforts qui n’aboutissent pas.
Ce texte a donc une dimension épique, puisqu’il envisage le rapport entre l’homme et le Mal.
II. Le suspense, ou l’épopée Le récit commence par le passé et se poursuit au présent de narration. Il y a un va et vient entre le présent et le passé « la plume me tombe des mains ». Ce changement de rythme correspond à une accélération. La présence de verbes d’actions : "allongeais, tirais, menais" et l’énumération des actions successives, provoque un rythme soutenu. Mais parallèlement, Rousseau retarde l’action et fait durer le suspense en introduisant des commentaires. Il utilise de nombreux repères spatiaux temporels qui permettent de faire revivre l’action. Le champ lexical de l’effort montre que Rousseau a engagé une stratégie. Son action devient une prouesse. Ainsi, quand il parle de "précieux fruit", la valeur qu’il lui donne ne dépend que de l’effort qu’il a accompli. Cela s’apparente à une quête. Il interpelle le lecteur par des réflexions lyriques : "qui dira ma douleur". (Évocation de sa pitié et d'une certaine complicité). Celles-ci sont disproportionnées par rapport à l’action qu’il accomplit.
III. La morale compréhension du système de vol/punition
Rousseau, en tant qu’enfant, conclut de cet épisode qu’il peut commettre des fautes tant qu’il s’est battu pour celles-ci, tel un criminel qui se fonde sur le châtiment subi pour continuer à enfreindre le droit. Cette alternance acte défendu/châtiment devient un état normal. Cette situation vient d’une société dominants/dominés (maîtres/esclaves). La punition aboutit à un effet pervers, au lieu d’arrêter de voler, il continue et se sent même autorisé à le faire. On perçoit sa psychologie, il a l’impression qu’on s’acharne sur lui : "soit, je suis fait pour l’être". Cela montre une paranoïa et une croyance en la fatalité. Rousseau montre aussi un problème social : la disproportion de la punition conduit à la vengeance. L’éducation de cette époque n’est donc pas vraiment adaptée, puisque certaines conséquences sont beaucoup trop importantes, pour une cause relativement minime. On peut comparer ce passage à celui du vol du ruban, dans le livre II. Dans cet épisode, Rousseau risque d’être puni, or, on le prend déjà pour mauvais, il sera donc menteur...et voleur. Rousseau évoque son maître et donc l’autorité qu’il ne supporte pas. Le maître n’est mentionné que par des symboles ( "dragon" ). Il défie l’autorité pour ne pas avoir à la supporter. Il provoque le maître.
Rouseau relate une anecdote qui débouche sur une reflexion sociale large, sur la valeur de « punition » et plus largement sur un problème éducatif.
Conclusion : On peut comparer ce passage avec un extrait des Confessions de Saint-Augustin, où celui-ci vole des poires par plaisir de franchir l’interdit. Rousseau vole également sans nécessité. Cependant, Saint-Augustin donne un sens chrétien à cet aveu, qui est une confession à Dieu lui-même. La progression est la suivante : accusation, puis description du larcin, puis contrition, pour obtenir le pardon. Rousseau, lui, cherche à faire rire le lecteur, à le mettre de son côté. Il fait aussi une réflexion sur l’éducation des enfants en remettant en cause les châtiments. (La punition est non seulement inefficace mais elle conforte le criminel).
Ou pr Jean Jacques Rousseau : les confessions (livre 1)
I. Un récit autobiographique
1) Les caractéristiques de l’autobiographie
2) Le héros et l’écrivain
- passé : évènement ponctuel, extérieur
- imparfait : intérieur
- présent
de narration : actualiser les propos
d’énonciation : entretenir l’intérêt du lecteur
II. Le récit du souvenir
1) Un suspens
- ellipse narrative
- ponctuation
- une action par phrase
- figures de style : accumulation, hyperbole, parallélismes : « Je ne perdis point courage ; mais j’avais perdu beaucoup de temps », « Au lieu de retourner les yeux en arrière et de regarder la punition, je les portais en avant et je regardais la vengeance »
- étapes :
> 1ère tentative
> 2ème tentative
> chute : « Courage ! »
> morale
2) Le comique du récit
- métaphore ridicule : (jardin des Hespérides = nymphes) : 1 des 12 travaux d’Hercule : rapporter les pommes d’or fait penser au jardin d’Eden
- questions oratoires - la première phrase : « frémir (…) et rire tout à la fois » donne le ton
- lexique de la chasse = décalage
- métaphore du dragon
3) Une leçon inattendue
- reformulée à plusieurs reprises
- faible portée morale
- « une sorte de compensation du vol »
se faire battre est sa monnaie : alors voler = acheter, ainsi où est le mal ?
Conclusion
- morale bien distincte de celle de St Augustin
- pacte autobiographique de Philippe Lejeune : vœu de sincérité : véracité des propos
- Emile ou De l’éducation
- Rousseau est entré dans le moule imposé par Ducommun = Essais Montaigne