Posté le 17.07.2007 par Camille
Bonjour les gens ^^
C'est juste pour vous dire que Mr DV m'a appelé ce matin... l'année prochaine il sera notre prof principal =) (Au moins on est sûrs d'avoir un prof en histoire ^^)... on aura de plus amples informations sur la composition des classes juste avant la rentrée.
Sur ce bonnes vacances à tous !
(Y a t'il encore des gens à venir sur ce blog ? ^^)
Posté le 23.06.2007 par Mme Mly ;p
I) Origines + Définition :
-L’apologue remonte à la transmission orale des vérités sacrées. (Mythes, histoires religieuses…
-C’est très ancien.
Étymologie : Apo : détournement
Logos : discours
-Du point de vue étymologique, il indique un discours qui a été détourné.
-Il permet à l’auteur de transmettre ses idées, une vérité.
-L’apologue tient à la fois du genre narratif, et du genre argumentatif.
-Mais c’est une argumentation indirecte, suggérée, qui repose plus sur l’art de persuader plutôt que de convaincre.
-Le récit fonctionne comme l’illustration d’une thèse, il sert une morale implicite ou explicite.
« L’apologue est formé de deux parties dont on peut appeler l’une le corps, l’autre l’âme ; le corps est la fable, l’âme est la moralité. »
La Fontaine
II) Caractéristiques :
a) un récit court et plaisant
-Pour susciter l’intérêt du lecteur, l’apologue de présente comme un récit, court.
-Il repose sur une structure simple, qui met en jeu peu de personnages. Ils ont des intentions, des caractères qui sont immédiatement identifiables par le lecteur.
-L’apologue élimine tous les détails superflus.
« Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint, et voila la guerre allumée »
Les deux coqs, La Fontaine.
b) une argumentation indirecte.
-L’apologue se développe sous la forme d’un récit imagé qui met en scène des personnages symboliques (animaux, hommes, dieux), dans des situations à travers lesquelles le lecteur est amené à réfléchir sur sa propre condition.
-Le recours à la fiction permet de mettre en place des critiques qui ne seraient pas admises dans un registre plus sérieux.
-Les apologues sont en général beaucoup plus ironiques et satyriques que leur morale finale ne le laisse entendre.
« Si la vérité vous offense, au moins la fable peut se souffrir »
La Fontaine.
c) Un enseignement moral et didactique.
-Il s’agit avant tout d’instruire, de transmettre une morale, une idée, de dénoncer ou critiquer, mais de façon plaisante. Car l’apologue s’adresse à un public large et populaire, désireux de se divertir.
« Une morale nue apporte l’ennui
Le conte fait passer le précepte avec lui
En ces sortes de feintes, il faut s’instruire et plaire. »
La Fontaine, Le pâtre et le Lion.
III) les differents types d’apologues :
a) le mythe
Issu de la tradition orale, le mythe n’est pas argumentatif à l’origine. Bien qu’il soit porteur d’une signification symbolique très forte. Toutefois certains philosophes donnent une portée argumentative au mythe (Platon, le Mythe de la caverne)
b) La fable
Dès l’antiquité, ces courts récits mettent en scène des animaux pour représenter les humains. Les recueils de fables représentent une véritable comédie humaine, peignant avec humour les caractères, donnant des leçons aux puissants, amenant le lecteur à réfléchir, et à tirer une morale de la fable. (Esope a été copié par La Fontaine)
c) Le conte philosophique.
Il est souvent riche d’un enseignement implicite ou explicite qui s’exprime à travers les mésaventures du héros. Le conte philosophique raconte la formation d’un personnage, souvent naïf et innocent qui est confronté à la découverte d’un monde brutal et dur, ce qui permet à l’auteur de dénoncer les abus, l’oppression l’injustice, etc.
-Voltaire : Zadig, Candide, L’ingénu.
-Perrault Le chat botté
Aymé : Les contes du chat perché
d) L’utopie
Etymologie : u => préfixe privatif
Topos => Lieu
L’Utopie présente un lieu qui n’existe pas découvert le plus souvent par hasard. Dans lesquels l’auteur met en place des organisations sociales et politiques différentes de celles du monde dans lequel il vit.
L’auteur renverse notre perception du monde, provoque la rêverie, et suscite la réflexion sur ce que notre société pourrait être. C’est un idéal qui n’a aucune chance de s’incarner, mais il invite à réfléchir.
-Rabelais, Gargantua, « l’abbaye de Thélème »
- Montesquieu, les lettres persanes, « les troglodytes »
- Borges « fictions »
e) La parabole
C’est un récit allégorique, qui permet de dispenser un enseignement religieux et moral, ce n’est pas à proprement parler un Apologue, car l’interprétation de l’apologue se fait de façon globale, tandis que celle de la parabole se fait termes à termes.
-Evangiles, le fils prodigue.
-Fontenelle, Le récit de la dent d’or.
Posté le 23.06.2007 par Camille
Impromptu, Musset.
Poésies nouvelles, Alfred de Musset
Intro : Alfred de Musset était un dramaturge et poète qui appartenait au courant romantique et accordait donc une grande importance à la sensibilité et aux sentiments. « Impromptu » est un texte très court qui présente une définition de l’art poétique. Ecrit en 1839, il parait en 1852 dans un recueil intitulé Poésies nouvelles. Ce poème a une forme brève de 11 alexandrins et un octosyllabe et donne une définition de la poésie dans laquelle le terme impromptu dénote une particularité, en effet ce texte pose le problème de l’inspiration mais aussi de la difficulté du travail poétique.
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1) Un impromptu
a) Composition du texte
b) Construction des vers
2) Les différents domaines d’inspiration
a) Le domaine intellectuel
b) Le domaine du temps
c) Le domaine de l’émotion et des sentiments
3) Les différentes démarches et leurs difficultés
a) Les différentes démarches poétiques
b) L’idée de difficulté
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1) Un impromptu
a) Composition du texte
Si l’on s’en tient à la définition, un impromptu est une petite pièce en vers improvisée, pas travaillée, courte. Le texte de Musset est bref, mais il y’a des caractéristiques poétiques qui laissent à penser que le texte a été travaillé.
En effet, les rimes sont suivies et font alterner rimes féminines et rimes masculines, tous les vers sont des alexandrins sauf le 10 qui est un octosyllabe. « Faire une perle d’une larme », de plus, on peut remarques une alternance entre les vers sans ponctuations internes et les vers séparés par une virgule. Cette rythmique du poème n’est pas un hasard.
b) Construction des vers.
- Les vers sont construits (v.3, 5, 8, 9) sur des accumulations. « Aimer le vrai, le beau ».
- Dans les vers, il y’a des accumulations de sonorités identiques au début des mots «incertaine, inquiète, immobile » C’est une Paronomase.
- Il y’a un rapprochement de mots antinomiques « rire »+« pleurer » (vers 7) ; « sourire »+ «soupir » (vers 8) ; « éterniser » + « instant » (vers 5) ; « perle » + « larme » etc.
- Anaphore aux vers 9 et 10 « faire »
- Il y’a aussi des recherches sur le plan de la structure des vers, par exemple le vers 4 qui commence par le verbe « éterniser » et le substantif « instant ».
- Enfin, la structure même du poème, avec ses énumérations d’infinitifs ne semble pas relever de l’improvisation totale.
- Impromptu dans son titre, ce poème a une forme qui laisse à penser que ce n’est pas le hasard qui a présidé à sa composition.
2) Les différents domaines d’inspiration.
- Les différents verbes à l’infinitif indiquent les différentes actions que le poète doit faire pour créer poétiquement. Il définit au travers de ces infinitifs l’art poétique puisque ces verbes indiquent des domaines dans lesquels Musset trouve son inspiration.
a) Le domaine intellectuel
-Vers 1 : La pensée « fixer la pensée », cela semble être une priorité pour lui, il lui consacre trois vers, ce qui la met en valeur, accentuée par la personnification et la métaphore « sur un bel axe d’or la tenir balancée »
L’image est intéressante car c’est celle du fil de l’équilibriste sur lequel on écrit la poésie. Le complément « d’or » ajoute une unité de richesse, de préciosité, de beau.
Tout ce qui relève de la vie de l’esprit, de l’intellect, n’est pas exclu du domaine poétique.
-Le terme « génie » de par sa définition, insiste aussi sur l’importance du domaine intellectuel.
b) Les domaine du temps.
-La notion de temps est présente dans ce poème à deux reprises. « Souvenir » est utilisé dès le vers 1 qui est associé au verbe « chasser » (dans le sens « guetter » « courir après »).
-On peut affirmer que pour Alfred de Musset, le contenu de la mémoire se révèle comme un domaine privilégié de la poésie. Il lui consacre le premier émistiche du premier vers, ainsi qu’au vers 4 où il souligne le pouvoir de la mémoire par l’antithèse « éterniser » + « un instant » qui dit que la poésie peut vaincre le temps.
c) Le domaine des émotions et des sentiments.
La poésie est étroitement liée au domaine des sentiments.
-Lexique de l’affectivité, qu’il s’agisse des sources de l’affectivité ou de ses manifestations. « cœur » « chanter » « rire » « pleurer » « sourire » « soupir » « larme » « passion »…
=> C’est les émotion qui inspirent tout ce qui vient du cœur, qu’il s’agisse de ce qui est heureux ou de ce qui est malheureux.
- Pour Musset la poésie est une forme d’introspection qui va favoriser les épanchements sentimentaux « écouter dans son cœur ».
-Pour Musset la poésie est aussi complètement indissociable du vrai et du beau.
-Pour Musset toute poésie est recherche de vérité et de quête esthétique.
-Les actions exprimées à l’infinitif ont pour objet des domaines de la vie des hommes : vie de l’esprit, vie affective et émotion, la recherche du vrai correspondant plutôt à l’esprit, la recherche du beau à la sensibilité et aux émotions.
3) Les différentes démarches et leurs difficultés.
a) Les différentes démarches poétiques.
Les différentes démarches sont associées à différents domaines. La recherche poétique présentant donc differentes démarches qui ont en commun d’une part de chercher et de rassembler et d’autre part de transformer.
-L’idée de chercher est présente dans les verbes « chasser » « chercher » et « écouter », et l’idée de transformation vient d’« éterniser » et des deux emplois du verbe « faire », montrant la transmission d’un élément à un autre de façon « magique ».
- Le passage de ce qui est l’expression matérielle d’une émotion, exprimée par l’énumération (sourire, soupir etc.) a une production caractérisée par les mots « crainte » et « charme » traduit par le transfert d’un mode d’expression à un autre.
-C’est aussi ce qu’exprimer le vers 10, mis en relief par sa brièveté, en rapprochant deux mots, l’un exprimant le point de départ « la larme », et l’autre le point d’aboutissement « une perle ».
-Ce dernier mot insiste particulièrement sur la notion de bijou et de production humaine, ce qui est à la fois naturel et précieux.
« La perle de la pensée ; un diamant sans rival »
Alfred de Vigny
=> Il ressort de l’étude des verbes et de leurs compléments que la poésie suit plusieurs démarches dont la plus importante est de métamorphoser ce qui est du domaine affectif et de la pensée en production précieuse et raffinée, lumineuse et fragile.
b) L’idée de difficulté
Si le thème essentiel de ce texte est celui de la transformation, le poème laisse transparaître l’idée que les démarches qui caractérisent la poésie ne sont pas toujours faciles.
On peut remarquer en particulier certains modalisateurs.
-Ainsi au vers 4, le mot « peut-être » laisse planer un doute sur la possibilité de la transformation de l’instant en éternité.
-Au vers 3, les adjectifs « incertaine » et « inquiète » soulignent un état qui contredit le verbe « fixer » au vers 1.
-Ces différents termes expriment des oppositions et certaines antithèses laissent penser que la création poétique comporte des éléments contradictoires.
-Parmi ceux-ci on peut citer l’opposition « rire » et « pleurer » « sourire » et « soupir » « crainte » et « charme ».
La poésie qui se nourrit des émotions et des sentiments de ce qui fait la vie des êtres humains corps et esprit, affectivité et pensée, n’échappe pas aux contradictions de cet univers.
Conclusion :
L’aspect définition/art poétique sous forme d’impromptu est intéressant par divers points. L’emploi récurrent de l’infinitif amène un ensemble d’action qui conduisent à considérer que la réponse n’est pas la définition de la poésie mais l’énumération de ce en quoi elle consiste ou de ce que souhaite faire le poète lorsqu’il compose de la poésie. Ce n’est pas vraiment une recette pour faire de la poésie, les verbes ne disant pas comment il faut faire mais ils cherchent plutôt à définir ce qu’est l’action de la création poétique.
Pour ce qui était de Musset, ses idées se rattachent à la période du romantisme qui se caractérise entre autres par l’importance accordée aux émotions dans la littérature. (cf. : les nuits)
Posté le 23.06.2007 par Camille
Candide, Chapitre 17
Ce texte est un extrait de Candide, de Voltaire : c'est un conte philosophique ; Candide, héros éponyme du conte, a été chassé du château dans lequel il a passé son enfance et parcourt le monde pour retrouver Cunégonde, dont il a été séparé.
Il vient de fuir les jésuites au Paraguay, et est accompagné de Cacambo qu'il a rencontré là-bas. Poursuivis, ils ne savent plus où se rendre : ils n'en peuvent plus et, épuisés, se laissent porter par le courant d'un fleuve à bord d'un canot.
Ils arrivent par hasard à L'Eldorado : ils ont failli mourir dans les remous du fleuve.
C’est une Utopie, mais celle-ci est caricaturée par l’ironie.
I- Les caractéristiques de l'utopie
II-La satyre : ironie de Voltaire
I) Les caractéristiques de l’Utopie
1- Le luxe et la richesse
-Eldorado = Endroit où il y’a de l’or, recherché par les conquistadores mais jamais atteint.
-Champ lexical de la richesse : « or » « rubis » « émeraudes » etc.
* les maisons sont excessivement luxueuses : elles sont "bâties comme des palais d'Europe "
* les vêtements indiquent la richesse du peuple, même ceux des enfants : ils sont "vêtus de draps d'or"
* l'abondance :
Le repas est pantagruélique : les plats sont nombreux, et tous exotiques : pour Candide, l'exotisme représente une luxe. Les récipients même indiquent la richesse du village : ils sont faits dans "un espèce de cristal de roche"
=> Accumulation « 4 potages, 2 singes, 300 colibris etc. »
L’accumulation est utilisée pour amplifier l’abondance.
* les larges pièces d'or que Candide et Cacambo ont ramassés sont "des cailloux de grands chemins" aux yeux des habitants : les conquistadors cherchaient de l'or, mais cet or n'a dans cet endroit aucune valeur.
* cette impression de grande richesse est encore accentuée par la gratuité : le gouvernement offre la nourriture aux habitants et aux étrangers, et il leur offre le luxe aussi : le gouvernement lui aussi est riche (par opposition à la France : misère est grande, et le gouvernement est pauvre lui aussi)
2- Un monde de plaisir et de bonheur
* Plaisir des sens : "musique très agréable" => plaisir de l'ouïe, écoute est agréable
"odeur délicieuse" => plaisir de l'odorat également
"ragoûts exquis, pâtisseries délicieuses" => plaisir du goût
les enfants qui les servent sont beaux et bien vêtus => plaisir de la vue
Les sens sont ravis, pleinement satisfaits, accentuant le bonheur et le plaisir des habitants et des voyageurs.
* Les habitants sont heureux et montrent leur bonheur : ils rient ("éclatérent de rire"). Il y a un équilibre : on compte autant de filles que de garçons (" deux garçons et deux filles") : la population est stable, équilibrée.
* Les habitants sont généreux : après avoir servi un repas pantagruélique, ils s'excusent de la mauvaise chère qu'ils ont présentés aux voyageurs.
3- Politesse et savoir-vivre
* Extrême politesse et discrétion de la part des commerçants et des voituriers présents dans l'auberge (dans le monde de Candide, les voituriers sont les moins polis de tous)
* Les habitants sont honnêtes : aubergistes auraient pu profiter de l'ignorance de Candide et Cacambo et leur réclamer un dû pour le repas, mais ils les informent.
Conclusion partielle : Voltaire fournit absolument tout ce qui constitue un monde idéal : les gens sont heureux, riches et tout le monde s'entend bien. Ce monde idéal émerveille Candide et Cacambo qui ne croient pas ce qu'ils voient. Mais cette incrédulité est aussi celle du lecteur, car Voltaire force les traits de l'utopie à dessein.
II- La satyre : l'ironie de Voltaire
1- Il force les traits de l'utopie et l'aspect merveilleux
* C'est un monde plein de sensations agréables : le ravissement de tous les sens montre que les deux voyageurs évoluent dans un rêve.
* L'abondance du repas montre elle aussi que ce n'est qu'un rêve : tout y est trop abondant pour être réel : le morceau de viande qu'ils mangent "pesait deux cent livres" ; jamais, dans un monde réel, l'abondance est aussi extrême.
* La gratuité du repas provoque l'incrédulité de Candide, mais, en même temps que Candide, les lecteurs n'y croient pas non plus.
Voltaire, en exagérant, se moque de ce monde idéal, il le caricature.
2- La morale de Voltaire
* Voltaire caricature ce monde pour montrer qu'il n'existe pas, qu'il est "trop parfait" pour être réel.
* Dans la dernière réplique de Candide, c'est Voltaire qui s'exprime : quand il parle de ce monde idéal, il dit qu'il "faut absolument qu'il y en ait de cette espèce". Par cette phrase, il explique que l'on veut absolument qu'un monde parfait existe, mais que ce n'est qu'un rêve.
* Voltaire insiste sur le fait qu'un monde parfait tel que l'Eldorado ne peut exister, ce n'est qu'un rêve.
CONCLUSION
Ce monde idéal nous est présenté avec ironie : ce pays est absolument merveilleux, tout le monde y est heureux, mais il n'existe pas. Voltaire nous rappelle en quoi consistent nos rêves. Il dénonce l'utopie, et avec l'utopie, il dénonce le rêve : il faut être réaliste, arrêter de rêver.
Mais cet extrait pose aussi une question : après avoir vu ce monde idéal, que faut-il faire? Le texte qui termine Candide répond à cette question : Candide et ses amis achètent une ferme et cultivent leur jardin. C'est la morale de Candide : Voltaire nous rappelle que le bonheur est le fruit du travail et non du rêve.
=> Rapprochement : Lettres Persanes, de Montesquieu : dans la lettre 12, il parle des troglodytes, et dénonce lui aussi l'utopie d'un monde idéal.
Posté le 23.06.2007 par Camille
La scène se passe au Portugal, à Lisbonne, après un tremblement de terre. Candide et
Pangloss vont être exécutés. Candide a déjà été confronté à un certain nombre de situations douloureuses comme l'enrôlement, la guerre, la cruauté humaine, les retrouvailles avec un Pangloss défiguré, la tempête, le tremblement de terre de Lisbonne. On le retrouve ici aux prises avec l'inquisition.
Le chapitre raconte avec une tonalité ironique une cérémonie, un autodafé dont Candide et Pangloss sont les involontaires victimes. Nous comprenons vite les objectifs de Voltaire qui sont la lutte contre l'intolérance, la dénonciation de la superstition et la dénonciation de l'optimisme.
Un autodafé est une cérémonie ou l'on brûlait les hérétiques.
L'inquisition est un tribunal religieux ou l'on proclamait les autodafés.
I. La tonalité ironique
II. Les cibles de la dénonciation
I. LA TONALITE IRONIQUE
- Ce qui touche à la décision d'organisation de la cérémonie est présentée de manière apparemment élogieuse, instance particulièrement admirative sur ce qui précisément ne mérite aucune admiration.
- insistance sur la sagesse et le savoir ("les sages", "moyen plus efficace", "université de Coïmbre", "il était décidé", "secret infaillible").
- Les quatre raisons données ne sont pas acceptables mais s'intègrent dans un système de relation de cause à effets : après avoir épousé sa commère, avoir arraché le lard d'un poulet, avoir parlé et avoir écouté, sont présentés comme des raisons suffisantes pour condamner à mort les 5 victimes.
- Décalage ironique propre à attirer l'attention du lecteur. L'autodafé qui est une exécution est présenté sur le mode du spectacle. Champ lexical d'esthétique : "bel autodafé", "spectacle", "grande cérémonie", "belle musique", "cadence".
- Bcp de détails esthétiques sur les habits des condamnés.
- précisions concernant les mitres (qui servent à orner) et les san-benito insistent sur des détails présentés comme importants sur le plan visuel alors que leur signification est autre. => Processus de détournement : consiste à valoriser ce qui est en réalité horrible en attirant l'attention sur ce qui n'est pas l'essentiel mais l'essentiel est également donné ("furent brûlés, fut pendus").
Enfin, l'ironie passe par la rupture des lignes. En effet, sur un ton très détaché, et comme en passant, avec beaucoup de désinvolture, Voltaire rappelle que tout le cérémonial n'a servi à rien ("le même jour, la terre trembla de nouveau"). L'ironie Voltairienne correspond tout à fait à la définition qui la présente comme l'affirmation du contraire de ce que l'on veut faire entendre. Il est donc utile de se demander ce que Voltaire veut faire ici comprendre.
II. LES CIBLES DE LA DENONCIATION
- Croyances irraisonnées et irrationnelles qui établissent des liens entre des éléments qui n'ont rien à voir entre eux.
- rapprochement entre le tremblement de terre, les sages, l'université, et la décision de condamner les gens au bûcher souligne un raisonnement faussement scientifique qui relève en réalité de la croyance magique.
=> Voltaire dénonce l'amalgame entre science et croyance, comme l'avait fait avant lui Bayle et Fontenelle.
- rapprochement entre les termes "spectacles", "brûler à petit feu", "secret infaillible" et "tremblé". Rien de logique, superstition.
=> La critique menée ici s'inscrit tout à fait dans le combat philosophique de la superstition et des préjugés.
- dénonciation de l'intolérance : relation incohérente établie entre la cérémonie et sa raison officielle (1er paragraphe et liaison "logique" de "en conséquence"). La raison donnée cache en fait la lutte contre l'hérésie.
- Dénonciation de l'arbitraire des raisons invoquées pour chaque condamnation : disproportion entre la châtiment (la mort) et le chef d'accusation (non respect d'une pratique imposée par le catholicisme, retour à des pratiques traditionnelles pour deux Portugais issus du Judaïsme, propos prétendument dangereux tenus par Pangloss, attitude simplement attentive du disciple)
- Dénonciation de l'horreur du châtiment et le caractère spectaculaire donné à la cérémonie. -=> Une condamnation à mort est transformée en sacrifice magique, lui-même organisé comme un spectacle.
L'optimisme est l'objectif essentiel du conte. Les aventures dans lesquelles Voltaire place son héros ont pour finalité de lui faire comprendre que tout n'est pas pour le mieux.
La découverte de l'arbitraire religieux et l'absurdité destructrice des superstitions doivent conduire Candide vers le doute. Candide s'interroge sur l'absence de relation de cause à effet dans ce qui lui arrive.
CONCLUSION
Chapitre 6 est important sur plusieurs plans :
- l'histoire elle-même, son contexte.
- Voltaire vs intolérance et superstition qui s'inscrivent dans le combat philosophique et prenne tout leur sens et leur poids dans la bataille du 18ème siècle, pour les Droits de l'Homme, pour la tolérance et la raison.
Posté le 23.06.2007 par Camille
*Auteur: Voltaire, philosophe des lumières (18éme)
*Genre: conte philosophique.
*Publié en 1759, de façon anonyme, Voltaire ne voulant pas être de nouveau embastillé (critique des aristocrates) ou censuré (Louis 16)
*Le chapitre 1 fait une présentation des personnages, du cadre et présente l’élément perturbateur (Candide est chassé du château)
*Son registre est entièrement satirique.
I) satire des aristocrates
II) satire des philosophes
I) Satire des aristocrates :
Le nom des lieux, des personnages :
=> le nom du château "thunder-ten-tronckh" (allitération en t) discrédite le baron car difficilement prononçable donc c'est une moquerie des aristocrates
=> Candide : Il est dit dans le texte que son nom n’a pas été choisi au hasard, c’est un personnage simplet et pourtant noble => critique de l’aristocratie. (on le voit avec le champ lexical "innocemment", "sensibilité"...)
Personnages superficiels :
=> Baronne décrite uniquement par son poids "elle pesait 350livres", seul élément que l'on a sur elle, c’est ironique, on ne l’admire que pour ça alors qu’il n’y a aucun mérite.
=>Cunégonde décrite comme une marchandise "elle était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante", rien dans la cervelle, capable de rien, juste à être mariée.
=>Candide est pitoyable, simple à l’extrême. Dans le dernier paragraphe « leurs genoux tremblèrent, leurs mains se rencontrèrent » => rapide, comique.
=> La mère de Candide ne se marie par avec son père parce qu’il a pas prouvé un nombre assez énorme de quartiers => critique des aristos qui ne se fient pas à l’amour, juste au pouvoir/fric.
=> Jugement des personnes par leur grade "n’a pu prouver que 71 quartiers" => dénonciation du rejet des sans grade par les aristocrates.
=> discrédite les biens des aristos : "son château avait une porte et des fenêtres" => descendu au rang de biens normaux, rien d'exceptionnel, finalement inutile d’avoir un grand château.
=> Province de Westphalie mise en égalité avec la terre avec l'hyperbole "le plus grand philosophe de la province, et par conséquent de toute la terre" => Voltaire se moque des aristocrates croyant qu'ils sont en quelque sorte le centre du monde, dénonciation de la prétention des aristocrates qui se croient supérieurs aux autres.
=>> Aristocrates discrédités par le personnage de Candide lui même car sa simplicité est poussée à l'extrême cela donne un aspect comique.
=> « ils l’appelaient tous monseigneur et ils riaient quand il faisait des contes » => Critique de la cour qui est juste là pour s’attirer les faveurs du baron.
=> Dernier paragraphe : scène un peu ridicule, naïveté excessive. Ce paragraphe donne un effet comique car les actions s'enchaînent rapidement, le rythme est rapide comme le montre les nombreux verbes au passé simple.
=> Les aristocrates sont ici critiqués via Candide qui est ridicule.
II/ Satire des philosophes
=> Satire des philosophes du XVIIe siècle.
- Le nom de la philosophie de Pangloss "methaphysico-théologo-cosmolo-nigologie" qui est un nom qui peut paraître savant, mais qui ne veut rien dire. => Philosophes se prennent pour des savants et en donnent l’image mais il n’y a pas de fond.
=> Critique de Leibniz :
- Voltaire se moque en particulier de Leibniz qui est un philosophe allemand du XVII et en fait la caricature à travers Pangloss avec des exemples inversés « pierres formées pour être taillées ». Il parle pour ne rien dire.
- "ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux" => Voltaire se moque de Leibniz en jouant sur les mots
- Satire de la théorie des causes et des effets
Leibniz prétend expliquer rationnellement tous les faits :
"Les nez ont été faits pour porter des lunettes"
"Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées"
"Les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux"
Ces exemples sont absurdes, car ils sont inversés
"Tout langage", parle de tout, mais superficiellement, ne connaît rien en profondeur.
=> Satire de l'optimisme
"Le meilleur des mondes possibles"
"Le plus beau des châteaux"
"La meilleure des baronnes"
Les descriptions montrent pourtant qu'ils n'ont rien de particulier, critique des optimistes.
Conclusion : Ce texte est une satire de l’aristocratie et des philosophes dans laquelle Voltaire expose ses idées qu’il approfondit au fil du texte.
Posté le 23.06.2007 par Camille
QUELQUES REPÉRAGES
1) Différences entre les hommes et le philosophe
- Différences de mode de vie : l'homme vie au jour le jour, sans réfléchir sur les causes, acceptant tout. Au contraire, le philosophe réfléchit, pense, prévient les causes et repousse les mauvais sentiments.
- Différences de détermination : pour l'homme c'est la grâce tandis que pour le philosophe, c'est la raison.
- Différences d'attitude devant la passion : l'homme est emporté par sa passion sans réfléchir tandis que le philosophe analyse ses passions et agit après.
- Différence de point de vue de la vérité : Le philosophe fait attention à cette idée et il est très prudent.
- Cependant le philosophe et l'homme vivent dans la même société : l'homme et le philosophe doivent être en société pour vivre, travailler, plaire ou se rendre utile.
2) Les valeurs, les idées, les messages du philosophe
- Ne pas aller "tête baissée" mais toujours réfléchir et analyser la situation.
- Se servir de la raison (vérité) que de la grâce (apparence).
- Vivre en société et ensemble sans haine (le philosophe qui est la référence du texte n'a pas de pays ennemi car il veut juste être utile).
INTRODUCTION
L'article encyclopédique est l'article final du groupement de textes.
Les philosophes sont différent des humains et des religieux.
Écrit par, pour, au sujet des philosophes
==>Essentiel de la philosophie des lumières.
Le texte est en italique sauf le mot philosophe que l'on retrouve 8 fois dans le texte
==>Sujet du texte car réparti dans tout le texte.
Autres mots qui reviennent également :- les autre hommes
-la raison , réflexion, esprit
-passion
Le philosophe est un modèle qui existe
Le texte est composé de beaucoup de paragraphe, il n'y a pas de liens logiques.
Le quatrième paragraphe est un paragraphe de transition dans ce texte
==>Comment pense le philosophe puis extension de l'esprit du philosophe
Dans le 2ème paragraphe : ténèbres des uns qui est opposé avec la nuit éclairée par le flambeau du guide philosophe.
==>Siècle des lumières
Les autre hommes réagissent comme des animaux alors que le philosophe réfléchit, cherche les causes.
==>Dumarsais s'étudie lui même avant d'étudier les autres.
==>le texte construit le philosophe
1)Effet de répétition, de récurrence (on trouve 3 fois le mot raison dans le texte)
Mise en évidence des caractéristiques du philosophe.
Mots clés
On retrouve 8 fois le mot philosophe, et donc on peut en déduire que c'est la notion étudiée dans le texte. On retrouve le mot raison 3 fois: elle préside à la réflexion.
On retrouve le mot esprit: importance de la vie intellectuelle et de la pensée. On retrouve le mot passion: opposé à la raison.
Étude des caractéristiques
Renaissance de soit : recherche de la vérité et le l'erreur (fausse vérité). Connaissance des autres mais aussi connaissance de soit.
Le philosophe n'a plus la foi en dieu mais la foi en la raison ; donc les termes de philosophe et de chrétiens son totalement différents.
La vie sociale : il aime la société ,refus de la solitude : le philosophe a besoin des autres et il y trouve du plaisir.
Moral : c'est la raison qui guide l'action : fin des préjugés, des superstitions = fin de la religion
==>morale rationnelle
==>Le philosophe est un être raisonnable, réfléchi, vertueux . Il a une conscience de la vie sociale nouvelle car avant la vie sociale du 17ème siècle = vie mondaine alors qu'au 18ème siècle on a un élargissement de la vie sociale.
2)Le philosophe par rapport aux autres hommes
Le philosophe a le savoir alors que les autres ont l'ignorance : négations / affirmations + "au contraire".
Le philosophe connaît les causes alors que les autres ignorent les causes.
Réflexion / Passion même construction "au lieu que".
Le philosophe a d'abord la réflexion puis ensuite l'action, tandis que les autres ne se contrôlent pas.
Flambeau :valeur symbolique: lumière qui guide l'homme dans l'obscurantisme.
3ème paragraphe : corrompre / croire : il n'y a pas les autres et on a que les caractéristiques du philosophe.
==>Le philosophe est un homme sage qui a une étape d'avance, qui est légèrement supérieur aux autres De plus il n'est irréaliste, il est concret et près des hommes ==> c'est un guide.
3) Un texte représentatif de l'esprit des lumières
On retrouve dans ce texte l'esprit de Fontenelle.
Réflexion guidée par la raison : le philosophe est le guide
La raison est la lumière de l'obscurantisme.
Recherche de la vérité grâce a la raison: "il ne la confond point avec la ressemblance".
Le philosophe est capable d'accepter le doute, il est sceptique.
Il se veut lucide ( dans le mot lucide on retrouve "lu" de lumière)
Le philosophe n'est pas quelqu'un de fanatique car il sait douter.
On peut penser que Dumarsais est un peu prétentieux (il est philosophe) mais il se sert de sa supériorité pour aider les autres, les éclairer. De plus il a besoin des autres (raisonnable). Il y trouve du plaisir et en donne échange. Le philosophe cherche à convenir aux autres, et qui plus est il est utile grâce à la raison.
CONCLUSION
On a un portrait de l'homme des lumières. Le philosophe est un homme raisonnable , un homme du monde."le propre du philosophe est de bien mériter du genre humain" article de l'encyclopédie. Il n'est pas violent dans sa forme ni dans sa vision du monde.
Posté le 23.06.2007 par Camille
Clindor est en prison, il va être exécuté pour le meurtre de Adraste. On sait que Lyse et Isabelle ont comploté pour le sauver.
On s’attend à ce type de scènes dans la tragi-comédie car la situation est tragique (champ lexical de la mort, de la supériorité d’un être suprême…) mais on sait qu’il va être sauvé.
Axe : un conflit intérieur.
1) La peur de la mort
2) L’amour sincère
1) La peur de la mort
- Champ lexical de la peur : « effroi » « horreur » « frémis » « peur » « terreurs »
- Champ lexical de la mort : « mortel » « trépas » « mort » « châtiment » « meurs » « meurs » « meurtrier » « succomba » … Champ lexical très important.
- Hypotypose : Description très évocatrice (au théâtre, en poésie) qui permet au lecteur de se représenter la scène comme si il y était. Celle-ci décrit l’exécution que Clindor imagine vivre dans quelques heures.
- Clindor est très troublé :
o Paradoxe : « il succomba vivant et mort il m’assassine »
o Il interpelle de nombreux interlocuteurs : Les souvenirs de ses délices, Isabelle, et enfin son geôlier. => Cela montre un grand trouble.
o Il parle du passé (ses souvenirs), de son futur (exécution), de la mort, de l’amour qu’il porte à Isabelle. => Grand trouble
o Imaginaire (l’exécution qu’il imagine) vs. Réel.
o Hyperbole : La peur de la mort me fait déjà mourir » => Très angoissé.
o Parallélisme : « Mon esprit se trouble, ma raison s’égare » => il perd l’esprit.
o Abolition de la distance spatio-temporelle (passé/futur geôle/place publique)
- Il parle d’artifice qui lui servent à camoufler la vérité : « la honte et l’horreur d’un supplice »
Tout ceci montre un grand trouble de la part de Clindor, traduit son côté très angoissé, il semblerait qu’il a des hallucinations, il fait bcp d’oppositions, s’embrouille.
2) L’amour sincère
- Champ lexical de l’amour : « flamme » « amant » « beaux yeux » « amour » « passions » «
L’intérêt de cette scène dans l’économie de la pièce est qu’elle permet à Clindor de dévoiler ses regrets, ses vrais sentiments, celui-ci croit qu’il va mourir et il se livre.
- Sentiments envers Isabelle. « Je me meurs pour vous »
- il s’adresse à Isabelle avec un vocabulaire sincère « servie
- Il est très effrayé mais quand il pense à elle, il voit « évanouir ces infâmes portraits »
- « je croirai revivre » alors qu’il va mourir.
Ccl : Multiples visages, se rapproche bcp de l’esthétique baroque.
Posté le 23.06.2007 par Camille
Scène 1
- La scène se passe quelque part en Touraine, où se trouve Alcandre, devant, puis dans une grotte sombre et obscure, assimilable à un cinéma. Probablement au 17éme siècle aussi.
Rôle de Dorante :
La seule utilité de Dorante dans ce passage est qu’il présente Pridamant à Alcandre après l’avoir rassuré à propos du magicien. Il permet à Pridamant d’approcher Alcandre.
Présentation d’Alcandre par Dorante :
- Dorante considère Dorante comme tout puissant, il utilise du vocabulaire mélioratif « grand mage » « palais »
- Il dit qu’il n’est pas un homme du commun, qu’il a des pouvoirs, qu’il est supérieur => Il est assimilé à un Dieu.
- Alcandre est Omniscient, puissant
- Hyperboles : « pour lui nos destins sont des livres ouverts » « ce qu’il sait en son art n’est connu de pas un »
- Il a cent an mais il a des forces robustes => Il résiste même à la nature et au temps alors que personne ne lui résiste.
- Description avec beaucoup d’hyperboles, de superlatif et d’images, c’est une description élogieuse mais qui fait peur, Alcandre semble pouvoir être dangereux, et c’est pour ça que Dorante accompagne Pridamant.
- Cette description apporte une curiosité de lecteur, une attente et une interrogation sur le genre de la pièce qui va suivre.
Pridamant à la recherche de son fils :
- Le lien entre Pridamant et la religion chrétienne est que celui-ci correspond au type même du père présente dans la parabole du fils Prodigue. On connaît cette parabole et on sait que la fin en est heureuse, on peut donc imaginer que la fin de cette pièce le sera elle aussi.
- Dorante, ami de Pridamant, veut présenter à ce dernier le grand mage Alcandre qui l’aiderait à retrouver son fils (inversion du schéma actanciel de la parabole du fils prodigue, c’est le père qui est en faute : vers 29 : Mon âme vit l’erreur dont elle était séduite, et c’est lui qui parcourt le monde à sa recherche)
Le Mythe de la Caverne de Platon.
« Palais » « grotte obscure » « affreux séjour » « n’ouvrant son voile » « rayon d’un faux jour » « lieux sombre »
allusion implicite, quoique évidente à la caverne de Platon dans République VII, la caverne de Platon est un dispositif scénique utilisant une technique comparable à celle des ombres chinoises.
Dans République VII, c’est la caverne qui est le monde de l’erreur pour les prisonniers qui y séjournent, seul le philosophe, conduit au jour par les gardiens, connaît la lumière de la vérité qui est à l’extérieur. Alors que là l’erreur est commise à l’extérieur et c’est la caverne qui va dévoiler la réalité.
Pour Platon l’illusion est toujours source d’erreurs, c’est ce qui le conduit à condamner le théâtre.
Dans toutes ces notations il s’agit d’une présentation allégorique du lieu théâtral qui devient un lieu à mystère où d’obscures forces agissent : « dont l’art commande à la nature »
Le sujet de la pièce : l’illusion théâtrale, est donc présente dès le premier vers de la scène d’ouverture (lever de rideau)
On pourra relever le champ lexical de l’obscurité : obscure v.2, la nuit v.3, voile épais v.4, sombres v.5, ombre v.6.
Le champ lexical de la lumière : rayons d’un faux jour v.4, éclat douteux v.5.
Lumière et obscurité semblent réunies dans une forme d’oxymore.
Pridamant : v.19 à v.46
- J’en attends peu de choses et brûle de le voir => Antithèse.
- J’ai de l’impatience et je manque d’espoir ; impatience : sentiment exacerbé de l’attente, manque d’espoir : caractérise un état d’esprit où l’on attend plus.
=> Pridamant est dans un état paradoxal. « Je l’outrageais présent et je pleurai sa fuite ».
- Il mêle le champ lexical de la paternité à celui des châtiments : « fils » « ma puissance » « de punir » « ma sévérité » « amour paternel » « injuste rigueur » « traitements trop rudes »« à force de punir » « bannir » « je l’outrageais »
Ce récit dans le discours de Pridamant est donc une exposition des actions qui précèdent l’argument de la pièce : Pridamant a un fils Clindor qu’il a banni parce qu’il prenait trop de liberté. Il regrette sa dureté et cherche en vain à retrouver ce fils, ignorant s’il est mort ou vivant
.
Dorante : v.47 à v.64
Prétérition : « Je ne vous dirai point qu’il commande au tonnerre, Vous n’avez pas besoin de miracle pareil » (figure de style consiste en déclarer qu’on ne veut pas parler d’une chose pour mieux enchaîner dessus juste après)
La prétérition est destinée à rendre crédible l’omniscience d’Alcandre. En fait, Alcandre est une parodie de l’omniscience de l’auteur dramatique en tant que narrateur de l’action de sa pièce : « Et connaît l’avenir et les choses passées » jusqu’à l’amplification hyperbolique : « Rien n’est secret pour lui dans tout cet univers »
Posté le 22.06.2007 par Mme Mly
LE REGNE DE LOUIS XV L'AFFAIBLISSEMENT DE LA MONARCHIE
J. ISAAC , MANUEL D'HISTOIRE CLASSE DE 3° , EDITION 1966 P23 SQ.
LA RÉGENCE (1715-1723)
-> LA REACTION CONTRE LE REGNE DE LOUIS XIV
Louis XIV laissait pour successeur un enfant de cinq ans, son arrière-petit-fils, Louis XV. Par testament, il avait confié la présidence du Conseil de Régence à son neveu, le duc Philippe d'Orléans, mais sans lui donner tout le pouvoir. A l'exemple d'Anne d'Autriche, après la mort de Louis XIII, le duc demanda au parlement de Paris de casser le testament du feu roi et se fit attribuer le titre de Régent avec pleine et entière autorité. On appelle Régence la période de huit années (1715 1723) où le royaume fut gouverné par le Régent. La Régence fut marquée par une violente réaction contre tout ce qui avait caractérisé la fin du règne précédent. Versailles fut provisoirement délaissé, et la Cour s'établit à Paris où elle mena une vie de plaisirs, de fêtes et d'impiétés, le Régent donnant l'exemple. Les Jansénistes emprisonnés furent mis en liberté. Mais les nouveautés les plus audacieuses apparurent dans les finances.
représentation du régent : peinture anonyme musée de Versailles
-> LE SYSTEME DE LAW
A la mort de Louis XIV, le Trésor était vide et les revenus des deux années suivantes étaient déjà dépensés. En désespoir de cause, le Régent prêta alors l'oreille aux propositions séduisantes de l'éccossais John Law. Law avait conçu un système hardi. Un pays, disait il, est d'autant plus riche qu'il fait plus de commerce. Or le commerce dépend de l'abondance de la monnaie et de la rapidité de sa circulation. La monnaie n'étant qu'un instrument d'échange des marchandises, sa nature importe peu. Il n'est pas nécessaire de recourir à l'or et à l'argent, métaux rares dont beaucoup de pays sont dépourvus. La monnaie la plus commode est la monnaie de pa pier qui se fabrique et se transporte facilement.
L'État doit se faire banquier et émettre sous le nom de billets de banque du papier-monnaie que l'on pourra d'ailleurs échanger contre de l'or ou de l'argent. L'État doit aussi se faire commerçant; les bénéfices qu'il réalisera lui permettront de rembourser la Dette publique. Le Régent ne permit d'abord à Law que de fonder une banque privée, la Banque générale. La Banque générale reçut des dépôts d'argent, elle consentit des prêts aux commerçants et elle émit des billets remboursables en espèces métalliques. Elle fit de si bonnes affaires qu'elle fut reconnue Banque d'État (1718). Law fonda également une compagnie commerciale par actions (1717). Sous le nom de Compagnie d'Occident, puis de Compagnie des Indes (1719), elle reçut le monopole de tout le commerce colonial français; enfin, elle se substitua aux traitants pour la levée des impôts indirects. Au début de 1720, Law réunit la Banque à la Compagnie. Tout le monde voulut alors avoir des actions; on en vint à payer 20000 livres des actions de 500 livres. Mais les dividandes (c'est à-dire les bénéfices rapportés par chaque action), ayant été infimes, la confiance du public disparut.
On se mit donc à vendre les actions, et leur valeur baissa. Pris de peur, le public perdit aussi confiance dans les billets et exigea leur rembourse ment en or et en argent. Comme la valeur des billets émis dépassait de beaucoup l'encaisse de la banque, celle-ci fit faillite, et Law s'enfuit. Le système avait donc échoué. Le commerce maritime en avait reçu une vive impulsion, mais la confiance du public dans les banques fut pour longtemps détruite en France.
La rue Quicampoix en 1720 B.N. EST in J. Isaac , manuel classe de 3° ed. 1966 p. 25