LETTRE CXLVI
Vous trouverez en vrac des remarques sur ce texte… je vous laisse le soin de les organiser selon la problématique de lecture que l'on vous demandera de traiter…
Situation du texte : une des dernières lettres du roman
-> sa portée est donc renforcée ( car on reste toujours sur sa dernière impression)
-> Il convient de faire le bilan de ce que les persans ont acquis durant leur voyage, notamment en comparant cette lettre avec la lettre XXIV ( que l'on a vue en classe)[cela pourrait faire une bonne ouverture à l'oral], dans laquelle les personnages font part de leurs premières impressions : ici, on n'a pas le sentiment que ce voyage a été source d'enrichissement et d'épanouissement. C'est un récit de voyage qui se clôt sur l'amertume et la désillusion… à comparer au voyage formateur de Candide, qui consiste aussi en une perte de ses illusions [autre bonne ouverture…] Mais ici Montesquieu ne prête pas à ses personnages une plus grande sagesse, car ses personnages ne sont qu'un prétexte. En réalité, cette lettre est l'expression de l'amertume et de la colère de l'auteur face à ce qu'est devenu son pays suite à la banqueroute du système de Law, car l'auteur estime que la malhonnêteté du ministre a amené tout le monde à agir de façon malhonnête, sans se soucier de l'intérêt de son prochain ou de l'état., ce qui provoque la ruine du pays.
NB : il est inutile de vous empêtrer dans des explications techniques ( sauf si vous n'avez que peu de choses à dire sur le texte…), l'examinateur attend de vous que vous fassiez l'analyse du texte et des techniques employées par l'auteur pour sa dénonciation…
Le genre épistolaire ?
Ici plus que jamais, la fiction persane se fait discrète :
- très peu de marques d'orientalisme ( hormis les noms et la date)
- aucune formule de politesse propre à la lettre
- Très peu de marques de l'échange entre les personnages sensés s'écrire, pas de mention de leur existence personnelle…
- pour Rhédi, seulement une P2 impersonnelle "tu sais"
- pour Usbek, les marques de la P1, et pour toute mention personnelle, l'évocation de son expérience indienne " j'ai longtemps voyagé dans les Indes"
-> si les personnages n'occupent pas les premier plan du texte, c'est parce que l'auteur abandonne le masque de la fiction pour exprimer de façon presque transparente sa propre indignation. Ce "je" est celui de l'auteur, et les Indes sont une allusion transparente à la France, car :
- pas de termes "exotiques"
- mais des termes correspondant à la vie française :ministère, ministre, prince, juges…
-> les personnages s'effacent, le masque de la fiction disparaît : on est ici à la limite du pamphlet, genre argumentatif appartenant au discours, dans lequel l'auteur prend la parole à la P1 pour dénoncer un phénomène de société.
§ 3 "à mon avis" évoque le jugement personnel du personnage, comme "je ne doute pas" § 13( en réalité de l'auteur), ce qui est un indice de la littérature d'idées ( pour mémoire : implication de l'auteur dans son discours, sujet d'intérêt général, prise avec l'actualité, opinion personnelle, réflexion inachevée…)
La dimension argumentative du texte :
Ici il s'agit de convaincre notamment par l'emploi d'arguments d'autorité : les trois premières phrases sont présentées comme des vérités générales incontestables, tels des proverbes, on remarquera l'emploi du présent de vérité générale, et la modalisation de certitude, la personne "on" = ? Voix de la sagesse populaire ?, "il y a longtemps" qui évoque une sagesse ancestrale, héritée de l'expérience des anciens, conçus comme plus sages…
L'auteur n'utilise pas de connecteurs logiques, ni de raisonnements complexes, mais, pour obtenir l'adhésion du lecteur à sa thèse (un sinistre nuit à toute une nation par le mauvais exemple qu'il donne), il emploie l'argumentation par l'exemple, exemple de l'Inde, il y a un lien implicite entre les §1 2 3 = thèse et les § suivants = illustration, lien renforcé par l'emploi de la même expression " le mauvais exemple, ministre" dans les deux parties. Le § 4 à 11 sont un long développement de cette argumentation par l'exemple. Les § 12 et 13 constituent une sorte de conclusion argumentative, la puissance argumentative du texte est renforcée par l'emploi de questions rhétoriques, qui amènent le lecteur à adopter le point de vue de l'auteur. Par ailleurs, ces questions montrent le ton enflammé et indignés de l'auteur.
L'auteur essaie plus encore de persuader, parce qu'il exprime avant tout une émotion, et sa colère face à la ruine de la France. ( on peut se rapporter au texte de La Boétie "discours de la servitude volontaire", qui adopte le même ton et des procédés similaires, on l'a vu en début d'année)[ ce serait aussi une ouverture correcte].
- par l'accumulation des exemples, renforcée par l'anaphore "j'ai vu", qui prend la dimension d'un témoignage traumatique
- par l'emploi d'un vocabulaire hyperbolique ( vous ferez le relevé tout seuls…)
- par les indicateurs de temps "en un instant, tout à coup, soudain, en un moment, aujourd'hui, demain", qui, accentuent la soudaineté et la violence de cette transformation de la société, et participent à l'hyperbole.
- Par l'opposition entre les bons et les mauvais, présentée comme extrême, notamment grâce au vocabulaire, aux antithèses, par exemple § 4 les plus vertueux/violer les premiers principes de la justice, §5 débiteurs, avares, insolents, indignes / bienfaiteurs, § 8 honnête travail et généreuse industrie/ ruine du prince, de l'état et des concitoyens, §9 honnête/j'ai ruiné, §11 j'accommode mes affaires/ dissipai, §13 fer/or, indigne/noblesse…
- Par la globalisation de cette dégradation de la société "depuis le dernier de ses sujets jusqu'aux plus grands, tout un peuple, n'épargner pas même les membres les plus sains, toutes les lois de la famille renversées, dans tous les cœurs, toute une nation, obscurcit la vertu même, la plus haute naissance, le mépris universel…" la globalisation est aussi servie par l'accumulation des exemples, qui montrent tous un personnage différent : l'auteur illustre ainsi la généralisation de cet individualisme qui pousse à ne penser qu'à soi.
- Par des exemples visant à émouvoir, notamment l'évocation des familles §9 et 11 "des veuves et des orphelins, toute une famille, deux honnêtes filles, un petit garçon, le père, la mère" ( NB : l'adjectif "petit" renforce le pathétique, comme l'évocation des personnages jugés comme faibles et sans défense, les filles, les enfants, les veuves) ces nombreux exemples font que tout le monde peut être touché, ce qui pousse le lecteur, quel qu'il soit à se sentir concerné, le registre pathétique employé "en larmes, douleur, tristesse".
- Le champ lexical de la maladie, de la contagion, de la violence criminelle, du jugement moral. ( vous ferez le relevé tout seuls…)
- Le discours direct, qui met en scène des personnages profitant de la crise de l'état pour s'enrichir au détriment des autres, et simple, cru, cynique, il amène le lecteur à s'indigner contre de tels raisonnements, et donc à condamner ces comportements égoïstes et malhonnêtes.
Je pense que ces quelques remarques apportent un éclairage supplémentaire à votre cours, envoyez-moi un mail en cas de question supplémentaire, ou si qqch vous semble confus…
(Merci Madame :D)
Soyez bénie des Dieux.
et puis tout le monde oublie Noëmie qui est passé aujourd'hui. En plus elle s'est surement perdue dans les couloirs du lycée. ET TOUT LE MONDE S'EN FOUT.
Ô monde cruel...
Oui merci bien madame ! (bien sur que si on pense à Noemie Camille!)
Oui merci bien madame ! (bien sur que si on pense à Noemie Camille!)
j'ai oublié de le noter, mais bien sûr, § 10, l'homme noir au stylet ( le fer pointu à l'oreille)et à l'écritoire est un huissier de justice...
je crois que camille l'a déjà dit mais soyez bénie mme!!! (si tt le monde vs le dit c'est sûr que vs serez bénie, du moins par l'esprit des bac à sable!^^)
Jeune Theude, il me semble que vous ignorez le fait que l'esprit bac à sable est tout puissant.
(Fait gaffe parce qu'il risque de t'arriver un incident tout à fait déplorable dans les rochers si tu continues comme ça à dénigrer la grandeur bacàsablesque)(Nan mais, c'est vrai quoi, sont incultes ces jeunes !)
bon euh GGBS, ou plutôt camille ou morgane, sache que je ne dénigre pas cet esprit, mme mly est digne de le recevoir! et puis je sais très bien que je ne px pas savoir qui se cache derrière ce GGBS pk son esprit est impalpable, j'ai retenu la leçon mais je vais chercher qd mm jeune churin ou mabille!! d'ailleurs il ne devrait pas y avoir de grd gourou (tiens comme le nm d'un pers de winnie, enfin bref^^) pk ca nuit à l'unité de la classe sinn!!
C'est toujours moi qu'on accuse :( J'suis sûre que c'est Morgane, cette fille n'est pas nette. Et puis moi non plus j'ai pas envie d'un GGBS, je suis déjà ruinée alors s'il faut faire des offrandes... je vais encore me retrouver au gibet XD