Scène 1
- La scène se passe quelque part en Touraine, où se trouve Alcandre, devant, puis dans une grotte sombre et obscure, assimilable à un cinéma. Probablement au 17éme siècle aussi.
Rôle de Dorante :
La seule utilité de Dorante dans ce passage est qu’il présente Pridamant à Alcandre après l’avoir rassuré à propos du magicien. Il permet à Pridamant d’approcher Alcandre.
Présentation d’Alcandre par Dorante :
- Dorante considère Dorante comme tout puissant, il utilise du vocabulaire mélioratif « grand mage » « palais »
- Il dit qu’il n’est pas un homme du commun, qu’il a des pouvoirs, qu’il est supérieur => Il est assimilé à un Dieu.
- Alcandre est Omniscient, puissant
- Hyperboles : « pour lui nos destins sont des livres ouverts » « ce qu’il sait en son art n’est connu de pas un »
- Il a cent an mais il a des forces robustes => Il résiste même à la nature et au temps alors que personne ne lui résiste.
- Description avec beaucoup d’hyperboles, de superlatif et d’images, c’est une description élogieuse mais qui fait peur, Alcandre semble pouvoir être dangereux, et c’est pour ça que Dorante accompagne Pridamant.
- Cette description apporte une curiosité de lecteur, une attente et une interrogation sur le genre de la pièce qui va suivre.
Pridamant à la recherche de son fils :
- Le lien entre Pridamant et la religion chrétienne est que celui-ci correspond au type même du père présente dans la parabole du fils Prodigue. On connaît cette parabole et on sait que la fin en est heureuse, on peut donc imaginer que la fin de cette pièce le sera elle aussi.
- Dorante, ami de Pridamant, veut présenter à ce dernier le grand mage Alcandre qui l’aiderait à retrouver son fils (inversion du schéma actanciel de la parabole du fils prodigue, c’est le père qui est en faute : vers 29 : Mon âme vit l’erreur dont elle était séduite, et c’est lui qui parcourt le monde à sa recherche)
Le Mythe de la Caverne de Platon.
« Palais » « grotte obscure » « affreux séjour » « n’ouvrant son voile » « rayon d’un faux jour » « lieux sombre »
allusion implicite, quoique évidente à la caverne de Platon dans République VII, la caverne de Platon est un dispositif scénique utilisant une technique comparable à celle des ombres chinoises.
Dans République VII, c’est la caverne qui est le monde de l’erreur pour les prisonniers qui y séjournent, seul le philosophe, conduit au jour par les gardiens, connaît la lumière de la vérité qui est à l’extérieur. Alors que là l’erreur est commise à l’extérieur et c’est la caverne qui va dévoiler la réalité.
Pour Platon l’illusion est toujours source d’erreurs, c’est ce qui le conduit à condamner le théâtre.
Dans toutes ces notations il s’agit d’une présentation allégorique du lieu théâtral qui devient un lieu à mystère où d’obscures forces agissent : « dont l’art commande à la nature »
Le sujet de la pièce : l’illusion théâtrale, est donc présente dès le premier vers de la scène d’ouverture (lever de rideau)
On pourra relever le champ lexical de l’obscurité : obscure v.2, la nuit v.3, voile épais v.4, sombres v.5, ombre v.6.
Le champ lexical de la lumière : rayons d’un faux jour v.4, éclat douteux v.5.
Lumière et obscurité semblent réunies dans une forme d’oxymore.
Pridamant : v.19 à v.46
- J’en attends peu de choses et brûle de le voir => Antithèse.
- J’ai de l’impatience et je manque d’espoir ; impatience : sentiment exacerbé de l’attente, manque d’espoir : caractérise un état d’esprit où l’on attend plus.
=> Pridamant est dans un état paradoxal. « Je l’outrageais présent et je pleurai sa fuite ».
- Il mêle le champ lexical de la paternité à celui des châtiments : « fils » « ma puissance » « de punir » « ma sévérité » « amour paternel » « injuste rigueur » « traitements trop rudes »« à force de punir » « bannir » « je l’outrageais »
Ce récit dans le discours de Pridamant est donc une exposition des actions qui précèdent l’argument de la pièce : Pridamant a un fils Clindor qu’il a banni parce qu’il prenait trop de liberté. Il regrette sa dureté et cherche en vain à retrouver ce fils, ignorant s’il est mort ou vivant
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Dorante : v.47 à v.64
Prétérition : « Je ne vous dirai point qu’il commande au tonnerre, Vous n’avez pas besoin de miracle pareil » (figure de style consiste en déclarer qu’on ne veut pas parler d’une chose pour mieux enchaîner dessus juste après)
La prétérition est destinée à rendre crédible l’omniscience d’Alcandre. En fait, Alcandre est une parodie de l’omniscience de l’auteur dramatique en tant que narrateur de l’action de sa pièce : « Et connaît l’avenir et les choses passées » jusqu’à l’amplification hyperbolique : « Rien n’est secret pour lui dans tout cet univers »