Autobiographie
Posté le 27.05.2007 par Vincent
Ce livre a été écrit en 1960 par Romain Gary.
Résumé de l'oeuvre:
Dans cette autobiographie rédigée sur le bord de la mer, Romain Gary nous dépeint sa vie, en particulier son amour pour sa mère. Romain élevé dans le fin fond de la Pologne va déménager à Varsovie car sa mère qui avait créé un faux salon de couture française sera finalement ruinée. Romain, dont la mère ne cesse de dépeindre les mérites très exagérés de la France va finalement parvenir à s'installer avec elle à Nice. Ils comptent sur un vieux service de vaisselle qui devait valoir des millions pour s'installer, le service ne vaut rien. La mère de Romain devra alors faire toutes sortes de petits métiers pour s'en sortir, et finira finalement par ouvrir un hôtel. Elle rêve que son fils devienne ambassadeur français. Devenue diabétique sa santé se détériore. Romain doit partir à l'armée et promet de revenir gradé. Il écrit plusieurs livres dont sa mère est très fière. Il va risquer plusieurs fois la mort en tant que pilote et tombera gravement malade, mais guérira. Lorsqu'il reviendra de la guerre, sa mère sera déjà morte depuis trois ans, elle lui avait fait parvenir des "lettres à retardement" par l'intermédiaire d'une amie si bien qu'il ne s'en doutait pas. Il rencontrera plusieurs femmes mais ne se mariera pas.
1) Relevez, identifiez et classez tous les indices qui permettent de parler d'écriture autobiographique.
- Dans ce texte, de nombreux indices nous permettent de deviner qu'il s'agit d'une autobiographie:
Le pronom personnel "Je": omniprésence de la première personne du singulier tout au long du texte (1 ou 2 fois à chaque phrase).
De plus, le pronom personnel possessif "mon", présent dans le dernier paragraphe.
Aussi, les pronoms personnels compléments avec "me" (surtout dans le premier paragraphe) et "moi" (dans le dernier). Un autre pronom complément, "ma", présent dans le premier paragraphe, fait référence et désigne la mère de l'auteur.
Puis, des verbes d'opinion: 1er paragraphe ligne 1 "Je sentis". Beaucoup de verbes d'actions: 1er paragraphe ligne 5 "Je m'attelai", 2ème ligne 8 "Je plaçai", ligne 13 "J'écrivais" etc...
2) Repérez et classez les termes qui évoquent l'écriture dans les deux premiers paragraphes et récapitulez les étapes de la réalisation d'une oeuvre telles quelles sont décrites ici par le narrateur.
Termes évoquant l'écriture:
- Premier paragraphe -> "le chef-d'oeuvre immortel" ligne 2, "écrire" ligne 1 et "la besogne" ligne 5.
- Second paragraphe -> "trois mille feuilles de papier blanc" ligne 8, "pseudonyme" ligne 13, "oeuvres" ligne 14, "le volume" ligne 15 et "les éditeurs" ligne 14.
Les étapes de la réalisation d'une oeuvre:
1) Ecrire le plus rapidement possible (= dans un lapse de temps) tout en étant efficace pour être considéré comme un grand artiste.
2) Se débarasser de tous les désagréments qui seraient succeptibles de pertuber notre travail.
3) Rassembler les matériaux nécessaires à la réalisation du projet (Pour Romain Gary, ce sont surtout et principalement ces "trois mille feuilles de papier blanc").
4) Savoir réfléchir au nom sous lequel on souhaiterait apparaitre dans le livre (Romain Gary n'hésite pas à changer de pseudonyme pour que les éditeurs "accrochent").
5) Essayer de convaincre et de persuader les différents éditeurs pour que ceux-ci lancent le nouveau livre -> c'est le principal but pour le nouvel écrivain. En effet, cela lui permettrait d'avoir une certaine notoriété une fois l'éditeur trouvé.
3) En prenant appui sur certaines figures et sur le choix de certains termes, dîtes dans quel registre se trouvent rapportés les ambitions et les premiers essais du jeune auteur. Qui parle? L'adolescent ou l'adulte? A quoi le voyez-vous?
- Vers la fin du second paragraphe, le registre pathétique est mis en évidence par l'expression "crevais de faim" à la ligne 18 -> elle-ci s'oppose aux "superbes" que nous décrit l'auteur. Elle s'oppose aussi à la capitale, mentionnée juste après l'expression.
- Au début, on a affaire à un registre laudatif: l'auteur n'hésite pas à se valoriser -> superlatifs comme "le plus jeune" ligne 2 + images hyperboliques comme "de tous les temps" et "trois mille feuilles de papier blanc" ligne 8. A travers ce registre, le registre dialectique domine puisque l'auteur nous fait part de la façon dont il s'y prend et enseigne en quelquesorte le lecteur.
- On peut reconnaitre à travers ces termes un adolescent un peu hystérique à l'idée d'accomplir un vrai travail et d'être célèbre. On peut penser que l'on a affaire à un jeune homme qui n'a pas forcément les pieds sur terre. "lycée" ligne 6 et "avec l'accord de ma mère" nous prouve que nous sommes bien dans l'univers d'un adolescent.
- C'est donc l'adulte qui écrit et nous fait revivre ses premiers objectifs, tout en gardant le langage qu'il avait à l'époque.
4) Le dernier paragraphe est-il écrit dans les mêmes registres que les précédents? Quel rôle joue t-il par rapport au récit? Déterminez à partir de ce paragraphe quelles sont pour Romain Gary les raisons d'écrire.
Le dernier paragraphe est différent des précédents:
- d'une part par celui qui parle -> cette fois-ci, nous avons affaire à un homme mûre qui a su tirer les leçons de ses débuts un peu laborieux. On a l'impression, en lisant les premières lignes de ce troisième paragraphe, que ce que l'on a parcouru précédemment était un retour en arrière de la vie de l'auteur.
- cette fois-ci, c'est le registre didactique qui domine puisque l'auteur fait par au lecteur de ce qu'il a ressenti et espère ainsi que d'autres suivront son exemple et s'inspireront de son parcours (avoir les mêmes réflexions etc...).
- on peut aussi voir que c'est un adulte qui parle avec des termes et expressions comme "à cette époque" et "naïvetés" ligne 24 et ligne 29 "dans ma tendresse de fils", autrement dit, guidé par des personnes proches de son entourage.
Pour Romain Gary, il s'agit bien entendu de sa mère qu'il voulait satisfaire en se surpassant dans l'écriture.
Les principales raisons d'écrire pour l'écrivain:
1) Se faire une place dans la société -> ligne 32 "échapper à l'intolérance".
2) Réaliser ses rêves de jeunesse: ici, l'auteur avait principalement pour objectif de réaliser le rêve de sa mère. On peut donc penser qu'il a écrit ce livre autobiographique pour rendre hommage à sa mère et lui prouver qu'il a réalisé sa promesse, à savoir accomplis le travail de sa vie, qui était pour sa mère le plus beau cadeau que son fils puisse lui faire.
Romain Gary a donc tenu la promesse de son adolescence, d'ou le titre de son oeuvre, La Promesse de l'aube.
Posté le 26.05.2007 par Vincent
Manuscrit de Stendhal, extrait de son autobiographie, Vie d'Henry Brulard.
Présentation de l'auteur, de l'oeuvre:
Vie de Henry Brulard est une oeuvre autobiographique écrite Par Stendhal entre 1835 et 1836. Toutefois, elle ne fut publiée qu’en 1890. Le titre fait allusion au vrai nom de Stendhal: Henri Beyle. Mais par refus du nom paternel, il adopta celui de Brulard.
Stendhal est un écrivain Français du Romantisme, né en 1783 et mort en 1842. C'était le grand admirateur de Napoléon Ier. Cet auteur était aussi un passionné de musique italienne. Il était réputé pour la finesse d'analyse des sentiments de ses personnages. On peut remarquer que tous ces romans évoquent une constante recherche du bonheur.
Ses deux principaux ouvrages:
- Le Rouge et le noir (1830): Second roman de Stendhal. Personnage principal: Julien Sorel, fils de charpentier, hanté par le mythe napoléonien, espère satisfaire sa soif d'ambition par une carrière ecclésiastique. Mais c'est dans l'amour qu'il va trouver la voie de sa réussite sociale. Sa raison l'emporte sur ces calculs et se dévoile alors le sens de la vie. Ce roman reste une oeuvre phare du romantisme français et un exemple de la recherche du bonheur.
- La Chartreuse de Parme (1839): C'est un roman de formation, autrement dit ce livre nous fait assister à l'évolution d'un personnage qui, au gré d'aventures diverses au cours desquelles il se cherche, finit par se trouver et se constitue sous nos yeux en tant que héros.
Ses oeuvres un peu moins connues du public:
- Armance: 1er roman de Stendhal dans lequel il relate l'echec de la relation amoureuse entre Octave et Armance. Cette oeuvre est la conséquence et le symbole de la médiocrité de la France et de la Restauration.
- Lamiel et Lucien Leuwen: Deux romans inachevés qui parurent bien après sa mort, d'abord par fragments puis dans leur forme définitive entre 1927 et 1929.
Plan de commentaire:
I) La divagation de l'écriture
1) la typographie du texte
2) les différentes difficultés
II) La relation avec le lecteur
1) la présence du lecteur
2) un rôle original: celui de témoin
Introduction -> Rappel historique et culturel sur le Romantisme: Premières manifestations en Allemagne à la fin du XVIII ème siècle, il apparait en France au tout début du XIX ème siècle, notamment grâce à Rousseau et ses rêveries ainsi que Châteaubriand avec Renée ou les Mémoires d'Outre tombe. Ces auteurs mettent en avant des thèmes comme la nature et font preuvent d'originalité dans leurs ouvrages -> période ou l'on fait ressortir ses sentiments.
Dans cet extrait, l'auteur attire l'attention du lecteur sur un récit qui risque d'être délirant. Ainsi, le narrateur se situe dans un temps, le présent de l'écriture, pour apporter sous une forme qu'il présente lui-même comme divagante, un moment exessivement heureux vécu dans le passé. La relation entre le bonheur intense et la divagation de l'écriture semble être d'une cause (l'intensité du bonheur) à effet (la divagation). La reprise sous une forme narrative d'un épisode éloigné dans le temps est présenté d'emblée comme hors-norme avec le caractère hyperbolique du bonheur évoqué. La relation au lecteur est elle aussi particulière puisqu'il est témoin de cette écriture divagante.
I) La divagation de l'écriture
1) la typographie du texte:
- L'expression métaphorique "Battre la campagne", utilisée dès le début du passage, est associé au verbe "parler". Il est donc question d'une parole divagante, sans ordre, à l'image de la folie qu'elle évoque et qu'elle cherche à retranscrire.
- Dans la disposition typographique du texte, des phrases séparées par des alinéas (24 alinéas pour seulement 60 lignes!) va créer un effet de morcellement et de discontinuité.
- Le texte semble énumérer de petites remarques en constantes ruptures, celles-ci étant soulignées par la ponctuation (exclamations aux lignes 17 et 26, intérrogations aux lignes 11, 29, 38, 39, 40 et 42). On peut aussi remarquer l'absence de mots de liaison/de connecteurs logiques. On a des affirmations, des négations, des injonctions, des excuses, des prières au lecteur: tout cela se succède sans autre lien exepté l'idée de la folie amoureuse, du bonheur extrème et de la difficulté même de le dire.
- Il y a une insistance de l'auteur lui même sur l'imposibilité de faire un récit qui relève de la raison. Ce qui nous le prouve est l'adjectif de la ligne 10 "raisonnable", employé trois fois dans des formulations soulignant que la raison est vaincue par la passion, par l'excès de bonheur avec laquelle elle est incompatible. En effet, Stendhal part du principe que si l'on aime passionnément, on est impossible de le retranscrire.
- Les verbes de paroles sont utilisés de façon négative: exemples "Je ne peux pas dire" ligne 33, "Je ne puis écrire" ligne 36, "Je ne puis continuer" ligne 43, "ma main ne peut plus écrire" ligne 45 et "Je ne puis raconter" ligne 60 -> tous ces éléments illustrent donc la divagation.
2) les différentes difficultés:
- Les difficultés évoquées, qui convergent toutes vers l'impossibilité de raconter ou de peindre, viennent du caractère fou de la passion éprouvée, de son aspect si exceptionnel qu'il risque de toucher à l'absurdité, et de l'impossibilité de mettre dans des mots ce qui touche à la passion et échappe à la raison.
- En effet, il est très difficile de faire exister une telle émotion 36 ans après, et utopiste de vouloir l'exprimer.
II) La relation avec le lecteur
1) la présence du lecteur dans le texte:
- Le lecteur est présent dans le texte à plusieurs reprises: ligne 15 avec "O lecteur bénévole", ligne 23 avec "excusez du peu", ligne 40 avec "le lecteur n'a t-il jamais été amoureux fou?" et ligne 57 avec "O lecteur froid".
- Le mot de "lecteur" est caractérisé deux fois par des adjectifs différents: le premier, "bénévole", renvoie à une attitude d'écoute bienvellante, et le second, "froid", suppose un récepteur du message peu atteint par l'émotion du narrateur qui lui est passionné. Il s'adresse donc comme si il était la à l'instant précis ou il écrit. Il ressort de ces différentes marques de la présence du lecteur que le narrateur s'adresse à lui comme s'il était immédiatement présent, rétissant ou disponible, et donc qu'il est considéré comme le destinataire prévilégié du récit. L
- La présence du lecteur, souligné par les diverses interpéllations du narrateur traduit les difficultés de celui qui parle. Il est probable que Stendhal ne s'interessait pas à son lecteur, si ce qu'il écrivait lui paressait compréhensible et accessible.
- Le souci de la manière dont sera lu le passage montre ainsi la lucidité du narrateur, tout à fait conscient de s'être mis dans une situation qu'il ne maitrise pas, en prenant les devants pour avertir son lecteur de ce qu'il l'attend, à savoir le récit d'un épisode qui ne peut pas être raconté.
2) Un rôle original, celui de témoin:
- Témoin d'une incapacité de "dire", le lecteur est en quelquesorte invité à partager, à comprendre les difficultés du narrateur. Le lecteur n'apprend donc rien de ce qui s'est passé, ou si peu.
- L'extrait dont il est question ici est quasiment la fin de l'oeuvre de Stendhal, de sorte que le bonheur évoqué n'est pas raconté.
Conclusion: Le titre, qui indique que l'oeuvre est un récit de vie, avec le nom d'un personnage que le lecteur ne connait pas et qu'il n'assimile pas à priori à Stendhal, oriente vers l'idée qu'il peut s'agir d'un biographie réelle ou d'une oeuvre de fiction romanesque racontant une vie.
- La lecture d'un passage précis fait découvrir que le texte est écrit à la première personne du singulier. Celui qui parle est alors assimilé à Henry Brulard. L'oeuvre est identifiée comme un récit de vie autobiographique fictive puisque le signataire est Stendhal, et non Henry Brulard.
Ouverture: Comment établir alors la confusion d'identité entre Henry Brulard et Stendhal?
- le paratexte
- des recherches sur l'auteur
- chercher si il y a des rapprochements possibles entre Henry Brulard et Stendhal.
-> Par le biais de cette oeuvre, Stendhal met l'accent sur les limites de l'écriture autobiographique. Il reprend alors à son compte les remarques faites par Rousseau dans Le Manuscrit de Neuchâtel, à savoir la nécessité d'un langage nouveau pour traduire les émotions. La réflexion porte alors sur le pouvoir des mots.
Posté le 25.05.2007 par Vincent
Cher tous, voici l'exposé oral que nous avons présenté moi et Claire mardi matin en Français. Ce texte a été mis en complémentaire par Mne Cottron.
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Avant l'analyse -> informations importantes sur l'oeuvre et l'auteur:
- Texte estrait des Mémoires d'Hadrien écrit par Marguerite Yourcenar.
- Cette femme était une célèbre écrivain du XX ème siècle qui a écrit dans de nombreux genres littéraires (essais, pièces de théâtre, autobiographies, nouvelles)
- Ce fût la première femme élue à l'Académy Française en 1980.
- Ses deux principales oeuvres: L'Oeuvre au Noir (1968) et les Mémoires d'Hadrien (1951).
- Elle fait partie des auteurs qui se sont succédés lors de la période littéraire connue sous le nom de "L'Ecole du Nouveau Roman" (seconde moitié du XX ème).
- Ce mouvement remet notamment en cause l'unité psychologique des personnages.
- C'est le cas dans les Mémoires d'Hadrien, ou l'auteur imagine l'état d'esprit de l'empereur lors de ses derniers instants de vie.
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Quelques informations sur Hadrien, personnage dont s'est servie Yourcenar pour réaliser son oeuvre:
Hadrien était un homme qui a vécu au I er siècle. C'est l'héritier de Trajan (celui qui l'a recueilli après la mort de son père). Il est donc devenu un empereur romain, célèbre pour son talent: par exemple, il réforma l'administration, il chassa la corruption, il modernisa et humanisa la justice.
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Plan proposé:
I) Une autobiographie fictive (ma partie)
1) les caractéristiques d'une autobiographie présents dans le texte
2) le supposé éloge d'Hadrien par Yourcenar
II) Un thème dominant et récurrent: la mort (partie de Claire)
1) un aspect cérémonial
2) l'intimité familiale
3) le face à face avec la mort
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I) Une autobiographie fictive:
1) Les marques d'une autobiographie traditionnelle:
- récurrence du pronom personnel "Je", surtout dans les deux premiers paragraphes.
- verbes d'action comme "J'ai prié" l5, "J'ai envoyé" l14, "J'ai assuré" l21.
- pronoms personnels compléments, second paragraphe: "malgré moi" l14, "me fait pitié" l17, "me soigné" l19.
- adjectifs possessifs comme "mes mains" l14 et "mon chevet" l17.
3ème paragraphe, changement de personne avec "nous": l'auteur inclut le lecteur dans les idées qu'il émet et qu'il relate.
D'autres indices de l'autobiographie (de moindre importance) avec le temps des verbes:
- Premier paragraphe: présent (l1) -> permet de nous plonger directement dans la situation dans laquelle se trouve le narrateur.
- Puis, majorité passé-composé -> références aux différentes actions éffectuées par le narrateur pour préparer son départ dans "l'autre monde".
- A la fin, conditionnel -> permet au narrateur de faire part au lecteur de ses espérances pour l'avenir.
- Seconde paragraphe: majorité présent de description -> permet au lecteur d'être au coeur de l'action, de vivre et de partager d'une certaine manière les derniers moments de l'empereur.
Dans ce texte, rien ne nous indique clairement et explicitement qu'il s'agit d'une fausse autobiographie. En effet, on le sait juste grâce au paratexte. Le narrateur de ce texte n'est donc pas l'auteur de ce récit, puisque Marguerite Yourcenar utilise un procédé original pour prendre "possession" du roman.
2) A partir de ce procédé, l'auteur fait en quelquesorte l'éloge de l'empereur (c'est ce qu'on en a conclut avec Claire!!!)
On peut ressentir ce procédé et cette éloge lors du changement de personne à la ligne 26.
- En effet, on passe du "Je" du narrateur à la troisième personne du singulier (rappel de cette phrase: "Hadrien jusqu'au bout aura été humainement aimé") -> ce brusque changement de personne ne passe pas inaperçu aux yeux du lecteur.
- On peut interpréter cette phrase de deux façons:
1) c'est lui qui l'a écrite, ce qui parait un peu prétencieux de sa part.
2) c'est une éloge à Hadrien de la part de l'auteur. En effet, Yourcenar emploie un vocabulaire plutôt mélioratif avec l'adverbe "humainement" et le verbe aimer au participe passé. L'affirmation de l'auteur est renforcée par l'expression "jusqu'au bout", autrement dit qu'à Hadrien aura reçu tout l'amour qu'il souhaitait jusqu'à son dernier souffle.
On peut donc dire que c'est la phrase de la ligne 26 qui est le principal indice nous permettant de décourvrir qu'il ne s'agit en faite que d'une autobiographie fictive.
II) Un thème dominant et récurrent: la mort
a) 1er paragraphe => dénué de tout sentiment
aspect cérémonial, impression de formalités à régler de la part d'Hadrien par rapport à sa mort, il reprend tous les rites funéraires habituels pour les empereurs.
commence par "tout est prêt" -> règle lui-même la cérémonie, n'attend plus que la mort car il s'est déjà occupé de ce que l'on ferait de lui ensuite. il continu de diriger mm après sa mort.
vrb au passé composé montrent que les actions sont accomplies ("j'ai prié" l.5) ou au futur antérieur montre que tt sera accompli ("sera terminé" l.4) après sa mort.
le ft qu'il n'y ait aucun sentiment d'exprimé donne l'impression que la propre mort de l'empereur est vue ac du recul.
b) réactions de chaque membre de la famille d'Hadrien décrites tour à tour -> impression d'intimité
champ lexical des émotions: "larmes" (l.17), "sanglote" (l.21), "pleurs" (l.26)... => on remarque que se sont les émotions de l'entourage d'Hadrien qui sont retranscrites et nn celles d'Hadrien lui-même.
ainsi le lecteur ressent l'amour qui est porté à Hadrien comme le montre aussi la dernière phrase du § "Hadrien (...) aura été humainement aimé" (l.26,27)
c) dernier § = rencontre d'Hadrien lui mm avec la mort.
il s'adresse à son âme, il y a une séparation entre le corps et l'âme ("âme tendre et flottante" l.28) ce qui montre qu'il est bien mort.
c'est en quelque sorte son passage ds un autre monde: "regardons ensemble les rives familières" (l.30,31) -> ss doute allusion au fleuve que les âmes doivent traverser pr pouvoir trouver le repos éternel
il dit à son âme "nous ne reverrons plus" ce qui montre qu'il n'a aucune croyance en la réincarnation ou la ressurection par exemple.
"tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts" -> pt de vue d'Hadrien, il veut mourir dignement, il n'a pas peur d'affronter la mort.
les trois paragraphes traitent dc la mort de différentes façons, ss différents angles. d'abord du pt de vue cérémonial ac du recul, ensuite les émotions de l'entourage et enfin la rencontre d'Hadrien ac sa propre mort.
Conclusion: C'est donc bien la mort de l'empereur Hadrien qui est relatée et imaginée par Marguerite Yourcenar. Même si celle-ci s'est inspirée de faits réels de la vie de l'empereur romain, ce style d'écriture reste original puisqu'il a été peu pratiqué par les écrivains célèbres. On peut donc penser que ceci est difficile car l'auteur doit tenter de se mettre dans la peau, ou plutôt dans l'esprit d'un inconnu -> double tâche à réaliser. (d'ou l'idée de difficulté auquelle Youcenar a voulu affronter).
Ouverture: Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo, écrit en 1829. Dans ce roman, l'auteur se distincte bien du narrateur, un condamné à mort qui fait part au lecteur de ses dernières pensées et de ses angoisses avant de se faire guillotiner.
Posté le 20.05.2007 par Vincent
Séquence sur l'Autobiographie
Tout d'abord, voici les oeuvres principales écrites par François Mauriac, auteur du XX ème siècle:
- Thérèse Desqueyroux (l'histoire d'une femme adultère qui est accusée d'avoir empoisonné son mari Bernard)
- Le noeud de vipère
- La pharisienne (histoire complexe !)
- Les chemins de la mer
Commencements d'une vie est la seule oeuvre autobiographique de cet auteur. Celle-ci, publiée en 1932, lui a notamment permis de rendre compte de sa vie (ou peut-être de rendre des comptes, qui sais...)
Rappellez-vous, nous devions tous construire un plan adapté en cours. Je vous propose le mien en titre d'exemple, mettez les votres pour compléter!!
Axe: Une autobiographie didactique
I) Un récit autobiographique
1) les pronoms personnels et le temps des verbes
2) l'évocation d'un souvenir de jeunne
II) Devenir homme de lettres
1) ce que faisait l'auteur dans sa jeunesse
2) l'écrivain inspiré par des modèles littéraires
III) Défense de l'auteur
1) des contraintes auquel l'écrivain doit se soumettre
2) des auteurs écrivant tous dans un même but
Plan selon Mne Cottron: (après avoir rassemblé notre florilège d'idées^^)
Introduction:
Récit -> Analyse autobiographique -> Réflexion sur la démarche autobiographique avec des références littéraires.
Dance texte, on peut observer trois différentes postures de François Mauriac:
- celle du narrateur (notamment avec le "Je")
- celle d'un lecteur
- celle du critique
Tout ceci grâce à la diversité des pronoms personnels présents dans le texte.
--->>> Situation d'énonciation -> narratif -> injonctif -> argumentatif
I) Le jeu des pronoms personnels et son interprétation:
Dans les deux premiers paragraphes, le pronom personnel "Je" renvoie à l'experience personnelle passée tel quelle a été rapportée dans des souvenirs, écris dès la première ligne. François Mauriac évoque ainsi à la fois son enfance, son adolescence, mais aussi le récit qu'il a fait de ses souvenirs (par ex: ligne 3-> le passé de certaines situations avec "Je découvris"). De plus, l'experience de son adolescence coexiste dans le passé de l'écriture avec par exemple à la ligne 2 "Je me suis plus".
Le "Je" désigne donc le même être, mais à des moments différents dans l'action, dans le récit de l'action et dans la remémoration de cette action, avec par exemple à la ligne 11 "Je me souviens".
Le "Je" du second paragraphe reprend ce même double rôle, celui qui se trouve dans le présent de l'écriture avec par exemple à la ligne 13 "Me voilà" et celui qui se trouve dans le passé d'une action hypothétique.
Le passage du récit à une réflexion hypothétique prépare donc le changement de personne dans le troisième paragraphe, puisqu'on repasse à la première personne du pluriel "Nous". Les "nous" des lignes 16, 18 et 22 sont les critiques/les lecteurs. Ils se différencient du mot "auteur". Par contre, les "nous" des lignes 35, 36 et 37 désignent les auteurs de mémoires ou de confessions parmi lesquels s'inclut François Mauriac.
Récapitulons: "Je" de l'auteur -> "nous" du lecteur -> "nous" de l'auteur.
Il est intéressant d'observer la manière dans un texte autobiographique dont l'auteur passe du "Je" de l'écrivain au "nous" du lecteur pour ensuite s'exprimer, toujours à la première personne de pluriel, qui désigne ici les autobiographes. Cette variation de posture met donc successivement Mauriac du côté de ceux qui écrivent des mémoires, du côté de ceux qui les lisent et du côté de ceux qui analysent la démarche autobiographique pour en découvrir le sens caché et les difficultés. La grande question de l'autobiographie se pose en terme de la vérité des souvenirs.
II) L'écriture autobiographique et vérité:
L'expression de la ligne 16 intérroge sur la relation lecteur-auteur de souvenir sur la vérité. A la question d'une volonté consciente de tromper dans la rédaction d'un souvenir, que ce soit par oubli volontaire ou par embelissement, Mauriac répond par la négative en utilisant la formule à la ligne 17 "Bien loin de là" et en posant un mode de lecture, "Savoir lire".
La thèse soutenue est que les mémoires rendent compte de la vérité d'un auteur à son insu dans ce qu'il ne dit pas aussi bien que dans ce qu'il dit, et plus encore dans ce qu'il cherche à cacher. Le point de vue de Mauriac fait des mémoires et des récits de souvenirs des textes de révélations et non de mensonges.
Ce qui apparait dans le troisième pararagraphe à travers un lexique de la mise à jour, "transparait, éclaireé" ligne 18, "dessine" ligne 19, "filigrane" ligne 20 et "retrouver les traits" ligne 22.
Reste alors à expliquer pourquoi les souvenirs ne sont pas toujours exactement la vérité...c'est ce qui est exprimé dans le quatrième paragraphe à travers une mise en garde à l'impératif sous forme d'une injonction: "Gardons-nous de croire que..." ligne 24.
L'impression du mensonge peut venir du fait que l'écriture ne peut rendre compte de la complexité de la vie, de son mouvement. Les termes utilisés par leur sens contradictoires soulignent le caractère difficile de l'entreprise qui tente de concilier l'inconciliable (exemple, l26 "immobile", "fixe" opposés à "mouvante" l27). On peut noter aussi "mêler" l28 et "imbriquer", "fourmillant" l29, "insaississable" opposé à "isole", "délimite" et "impose des contours" l29-30.
D'autre part, Mauriac met en relief le caractère nécessaire, inévitable de cette façon de procéder par les mots "nécessite", "il faut bien" et "malgré lui". La difficulté ne vient pas d'après lui de celui qui écrit de l'entreprise elle même, qui consiste à faire passer la vie à travers des mots. L'écriture fige la vie, les élans et les mouvements. Peut-être faudrait-il, comme le dit Rousseau dans ses Confessions, "inventer un langage nouveau pour traduire les images et les souvenirs que chacun garde de son passé".
Conclusion: Sous couvert de répondre à la question de la sincérité des auteurs de mémoires et de souvenirs à partir de sa propre expérience, Mauriac met l'accent sur certaines spécificités et difficultés de l'écriture à travers son caractère révélateur des sentiments, des manières d'etre, des actes, l'extériosation et la mise en évidence involontaire des traits d'une personnalité et d'une vie, incompatibilité entre l'écriture et la volonté de rendre le mouvement de la complexité de la vie, il souligne aussi certaines finalités implicites comme la volonté de se justifier pour la postérité, et de rendre compte de ce qu'on a été durant sa propre vie.
Posté le 20.05.2007 par Vincent
Les Confessions de Saint-Augustin ont été rédigées au IV ème siècle.
Plan du cours: (désolé je n'ai pas les sous parties, la prof ne les as pas clairement mis en évidence!! J'essaie quand même de les trouver^^)
I) Le larcin
II) L'aveu, son récit et la réflexion qu'il suscite
I) Le larcin:
Le thème de ce récit est le vol, indiqué dès la première ligne avec le mot de larcin. Des mots comme "péché" reprenne le larcin. Il y a l'utilisation du mot "vole" à la ligne 8, "qu'on le vole", "j'ai voulu voler" lignes 3, 4 et 6. L'idée du vol est donc récurrente et obsessionnelle. Il y a 9 termes dans le premier paragraphe qui font référence au vol. Pour Saint-Augustin, c'est une action sûrement répréhensible. Ce qui contribue au malheur de Saint-Augustin est qu'il avoue sciemment ce vol commis sans aucune autre explication que de provoquer la justice et défier la loi. Dans le premier paragraphe, le larcin n'est pas clairement mentionné. Pour le lecteur, c'est difficile d'en aprécier la gravité et l'importance. On est tenté d'imaginer un vol beaucoup plus grave qu'un vol de poire. Est-ce une stratégie de la part de l'auteur pour relativiser les choses?
Le vol est raconté au deuxième paragraphe, et il est très bien défini (lieu, temps, nature de l'objet convoité, le déroulement, les caractéristiques du larcin...). C'est le retour à une explication d'un autre ordre.
Le dernier paragraphe reprend l'acte sous forme d'une confession, d'une manifestation du mal et aussi sous l'absence d'un sens moral (il emploie le terme de "malice").
Dans ce texte, on peut distinguer trois approches successives du même acte:
1ère fois: sans aucune précision sur l'acte
2ème fois: avec la mise en situation de l'acte
3ème fois: sur le plan de l'interprétation moral qui souligne le plaisir du mal
Le grandissement hyperbolique tient a plusieurs procédés:
- l'absence de la définition du larcin dans le premier paragraphe= cela confère un oracle mystérieux.
- la référence à la loi divine par l'interpellation "seigneur" ligne 1.
- le choix d'un lexique de la justice avec "loi gravée dans le coeur"
- les termes d'iniquité présents dans les lignes 1 et 2.
- les connotations religieuses des termes "seigneur, pêché, dieu"
- la répétition insistante du mot "vole" confère à l'action évoquée une dimension dramatique.
La notion d'interdit est associé à des termes évoquant le plaisir comme "jouir" ligne 8 et "notre seul plaisir" ligne 15 qui font ressortir une gravité inimaginable pour un simple vole de poire.
II) L'aveu, son récit et la réflexion qu'il suscite:
Dans le premier paragraphe, il y a la prédominance de celui qui parle, écrit au présent et au passé composé. C'est le paragraphe de l'aveu, et plus précisément de l'aveu immédiat. Il y a l'insistance sur la première personne et de ce fait cela fait de celui qui parle un coupable affirmant un acte délicieux, agravé par l'absence d'un motif.
Dans le deuxième paragraphe, il s'agit d'un récit avec toutes les formes du discours narratif (ex: "il y avait": identification du récit dès les premiers mots). On peut noter un changement de temps, de tonalité et de discours.
Nous est indiqués:
- les lieux (ligne 9)
- le moment (ligne 10)
- l'objet/la nature du délit (ligne 10)
- les circonstances aggravantes, c'est-à-dire l'absence des éléments tentant ("la beauté ni la saveur")
A partir de là, l'auteur met la situation qu'il a vécu dans les mains du lecteur: c'est l'attrait des adolescents pour les choses défendues!!! Il juge, il fait des commentaires, il donne des explications. Ce sont des éléments qui viennent du narrateur adulte, avec le décalage du temps comme dans la parenthèse et dans la dernière phrase. Au récit qui remonte dans le temps, qui est fait ultérieurement par l'adulte se mêle des observations à valeur explicative.
Dans le troisième paragraphe, on remarque un reprise de l'interlocuteur premier, Dieu. Il y a un retour au présent, ce qui reprend un peu le premier paragraphe. Il y a une forme d'entracte quand l'auteur relate les choses. A noter aussi le retour au moment de l'écriture. On peut observer un moment privilégié de dialogue avec Dieu dans le cadre de la confession. Saint-Augustin reconnait sa faute tout en dramatisant les choses. Il dévoile à Dieu ce qu'il porte de lui en mauvais (ex: "malice"= quelquechose de mal). Les temps employés sont le présent de la parole et l'imparfait du retour en arrière. Saint-Augustin essaie de dire que l'aveu de la faute est lié à l'émergence d'une foi qui est à l'origine de la prise de conscience du délit:
(Pour mieux vous aidez à comprendre...)
AVEU -> FOI -> PRISE DE CONSCIENCE (au niveau de la morale religieuse).
C'est la reconnaissance d'un goût qu'il avait pour le mal. En effet, on peut percevoir une assimilation au délit du pêché originel. On peut donc dire que, dans le troisième paragraphe, l'aveu apparait sous une forme plus abstraite et "théologique". L'accent est mis sur le goût du mal, on oublie quasiment le vol de la poire. Il y a donc vraiment une évolution moale et religieuse tout au long du texte.
Pour conclure (et il est temps!): Dans ce texte, les interpellations à Dieu soulignent les connotations religieuses du texte. Le nom de l'auteur-narrateur Saint-Augustin nous rappelle que l'on se situe dans le cadre de la croyance chrétienne, et donc de la morale chrétienne. L'idée d'enseignement et de respect dans le mot "loi" (et aussi dans la métaphore "la loi gravée dans le coeur") et dans le mot "pêché" exprime et insiste sur l'idée de FAUTE.
Quant à la relation que Saint-Augustin entretient avec Dieu, elle est tout d'abord perceptible dans l'offrant de coeur, puis dans la reconnaissance de la pitié et du soutient, dans l'apparente facilité de l'aveu qui laise deviner la compréhension de Dieu, sa sollicitiude, dans l'idée du pardon et non du châtiment.
Ce texte a en quelquesorte pour but d'appeler à la confession qui permettra un retour sur soi, c'est-à-dire une INTROSPECTION. Grâce à la générosité de Dieu et de sa bonté, Saint-Augustin lui fait ici part de ses confessions.
AVOUER ET DIEU VOUS PARDONNERA !!!!!!!!!!
(Vous avez bien retenu la leçon?!)